Conflit de voisinage : comment l’assurance peut-elle vous aider ?

Les problèmes de voisinage sont très fréquents. 86 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà subi au moins un type de gêne venant de leurs voisins(1). Si ces désagréments n’impliquent ni conflits, ni jugements, ni évitements pour plus de la moitié des sondés, ils peuvent toutefois avoir de lourdes conséquences. Voici les démarches à entreprendre si vous êtes confronté à ce type de situation.
Quels sont les principaux motifs d’un conflit de voisinage ?
La vie en copropriété ou en zone résidentielle peut engendrer des désagréments ponctuels. Toutefois, le comportement de vos voisins ne doit pas perturber votre tranquillité et votre bien-être de manière répétée. Un trouble devient “anormal” lorsqu’il excède les inconvénients normaux du voisinage, au regard de son intensité, de sa durée, de sa répétition et des circonstances locales (heure, lieu, environnement). Selon l’article 1253 du Code civil, « le propriétaire, le locataire, l’occupant […] à l’origine d’un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage est responsable de plein droit du dommage qui en résulte ».
Les conflits de voisinage peuvent être d’origines diverses :
- Les nuisances sonores : elles constituent le principal motif de litiges. En effet, ce problème est évoqué par deux personnes sur trois(1). Il peut s’agir de bruit occasionnel, lors d’une fête animée ou de travaux, ou d’une gêne fréquente : radio ou télévision fonctionnant à plein volume, musique forte, claquement de talons sur le sol, chien aboyant à longueur de journée, disputes et cris, bar ne respectant pas les horaires de fermeture, etc.
- Les nuisances olfactives : odeur de tabac, fumée de barbecue, présence d’animaux, tas de fumier…
- Les nuisances esthétiques et visuelles : édifice trop élevé obstruant la vue, végétation dense qui déborde sur votre propriété, détritus (dépôt de ferraille, de planches ou d’ordures), enseigne lumineuse ou éclairage trop puissant…
- L’usage des parties communes et des espaces collectifs : saletés, dégradations, problèmes liés au stationnement ;
- Les comportements hostiles : attitude agressive, remarques déplacées (racisme, homophobie, sexisme), insultes ou invectives verbales, menaces, harcèlement, surveillance constante. Certains de ces agissements peuvent relever du domaine pénal (injures discriminatoires, harcèlement moral dans la vie privée). Dans ces cas, dépôt de plainte, main courante ou constat sont à privilégier.
Au-delà de la gêne, certaines situations sont dangereuses et susceptibles de provoquer des accidents, comme par exemple :
- Risque de chute d’arbre non entretenu ;
- Ruche placée trop près de la maison voisine ;
- Hangar contenant de la paille ou des matériaux inflammables insuffisamment sécurisé.
Que faire en cas de conflit de voisinage ?
En cas de problème de voisinage, il est impératif de rechercher en priorité une solution à l’amiable. Il s’agit même d’une obligation légale(2), la procédure judiciaire ne doit intervenir qu’en dernier recours.
Voici les étapes à suivre :
Communiquez directement
En premier lieu, faites part du désagrément à votre voisin en restant calme et courtois. La discussion est la meilleure façon de désamorcer le conflit rapidement, car cette personne n’a pas forcément conscience que son comportement est source de nuisance pour vous.
Envoyez un courrier ou un e-mail
Si l’échange avec votre voisin n’a pas eu l’effet escompté, commencez par lui envoyer un courrier simple. Décrivez clairement la situation, et demandez-lui de mettre un terme aux nuisances. Vous pouvez vous appuyer sur des textes de loi attestant que vous êtes dans votre bon droit, et joindre des preuves (photos, etc.) le cas échéant. Ce courrier permet de conserver une trace écrite, ce qui s’avère utile en cas de constitution d’un dossier par la suite.
Envoyez une mise en demeure
Dans un second temps, adressez une lettre recommandée avec avis de réception. Rappelez vos précédentes démarches, et exigez une action. Si votre voisin est locataire de son logement, vous pouvez adresser une copie de votre courrier au propriétaire.
Sollicitez les « pouvoirs du maire »
Vérifiez s’il existe un arrêté municipal en votre faveur. Par exemple, si votre voisin tond sa pelouse très tôt le dimanche matin, renseignez-vous pour connaître les horaires fixés par la commune. Vous pouvez adresser une lettre au maire pour lui exposer votre problème et lui demander d’intervenir. Ce dernier peut prendre un arrêté individuel pour faire cesser les nuisances. De plus, la loi(3) stipule que le maire a l’obligation, par le biais de la police municipale, de réprimer les atteintes à la tranquillité publique. Cela inclut les bruits et les troubles de voisinage.
Demandez l’intervention du syndic
Si votre logement se trouve dans une copropriété, avertissez le syndic et demandez-lui d’intervenir. Ce dernier est chargé de faire respecter le règlement de copropriété et la jouissance paisible des parties communes.
Faites recours à un tiers
Si vous ne parvenez pas à résoudre le litige seul, vous pouvez demander l’intervention d’un conciliateur de justice en contactant la permanence la plus proche. Cette démarche est gratuite. Vous pouvez également faire appel à un médiateur pour rétablir le dialogue et trouver une solution amiable. La liste des professionnels est disponible auprès de la Cour d’appel dont dépend votre domicile.
Quelles démarches entreprendre si vous ne parvenez pas à un règlement amiable ?
Si la démarche à l’amiable échoue, il est nécessaire de faire appel aux forces de l’ordre (police ou gendarmerie) ou à un commissaire de justice (anciennement « huissier de justice ») pour faire dresser un constat ou un procès-verbal. Vous pouvez ensuite porter plainte ou déposer une main courante.
Bon à savoir
Déposez une plainte si vous êtes victime d’une infraction (ex. tapage nocturne constaté, menaces). À défaut, une main courante peut dater la récurrence mais n’ouvre pas d’enquête par principe.
Quel tribunal est compétent pour un conflit de voisinage ?
Si la tentative amiable obligatoire échoue, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour faire cesser les nuisances et réparer votre préjudice (dommages‑intérêts). En urgence (dommage imminent ou trouble manifestement illicite), saisissez le juge des référés pour obtenir une mesure de remise en état/astreinte.
Sur le plan territorial, en matière délictuelle, entrent en jeu la juridiction du domicile du défendeur (règle de base) et celle du lieu du fait dommageable ou du dommage subi.
Pensez à joindre à votre requête toutes les preuves rassemblées (constats, témoignages, courriers, dépôts de plainte, etc.) pour étayer la réalité du trouble et montrer vos démarches amiables préalables.
Comment prouver un trouble du voisinage ?
La charge de la preuve vous incombe lorsque vous invoquez un trouble de voisinage.
Prenez des photos à différents moments, recueillez des témoignages écrits datés et signés de voisins, et conservez vos courriers et mises en demeure. Un commissaire de justice peut constater les nuisances, et un certificat médical peut attester d’un impact sur votre santé.
Qui appeler en cas de tapage nocturne ?
Lorsque vous subissez un tapage nocturne, contactez immédiatement le commissariat de police ou la gendarmerie la plus proche. Ces autorités peuvent se déplacer pour constater la nuisance et verbaliser l'auteur si les faits sont avérés. L'amende forfaitaire peut atteindre 68 euros(4), majorée à 180 euros en cas de non-paiement.
Si les forces de l'ordre refusent de se déplacer malgré vos appels répétés, sollicitez un huissier de justice pour établir un constat officiel. Cette démarche payante constitue une preuve solide pour d'éventuelles poursuites judiciaires.
Quel avocat choisir pour un conflit de voisinage ?
Pour les actions visant à faire cesser le trouble et obtenir réparation, orientez-vous d’abord vers un avocat spécialisé en droit immobilier (ou plus largement en droit civil). Si les faits sont susceptibles de constituer des infractions (par ex. injures, menaces, tapage nocturne, harcèlement) faites appel à un avocat spécialisé en droit pénal – éventuellement en coordination avec votre conseil civil si les agissements en cause sont susceptibles de constituer des infractions. Dans tous les cas, privilégiez un professionnel disposant d’une connaissance approfondie des jurisprudences locales et des procédures adaptées à votre situation.
Pour plus d’informations sur votre accompagnement en cas de conflit, consultez notre article Comment être bien assuré en cas de litiges juridiques ?
L’assurance habitation vous couvre en cas de sinistre impliquant un voisin
L’assurance habitation fait partie des assurances indispensables de la vie quotidienne. Elle vous couvre en cas de sinistre subi ou causé à un tiers. Elle inclut notamment :
- Garantie responsabilité civile : cette garantie incluse dans tout contrat d’assurance multirisque habitation couvre les dommages causés à un voisin ou à un tiers. Elle s’applique par exemple si un arbre de votre jardin tombe sur son toit après une tempête, si la fuite de l’une de vos canalisations provoque un dégât des eaux dans sa propriété, ou si votre enfant brise l’une de ses vitres en jouant au ballon.
- Garantie recours des voisins et des tiers : cette garantie couvre les dommages causés par un tiers à votre logement. Vous êtes également couvert en cas de dommage subi par un tiers se trouvant dans votre logement.
- Services d’assistance : ils prévoient par exemple le relogement d’urgence en cas de sinistre important, l’intervention rapide de professionnels (serrurier, plombier ou électricien, etc.).
Le + SG
L’Assurance Habitation proposée par SG(5) comprend notamment :
- 5 formules et packs à disposition pour adapter votre assurance à vos besoins ;
- Un service d’assistance 24h/24 et 7j/7 prévoyant notamment le relogement d’urgence en cas de sinistre important et la prise en charge des effets de première nécessité.
Découvrez nos conseils pour bien choisir votre assurance Habitation.
Comment l’assurance protection juridique peut-elle vous aider en cas de problème de voisinage ?
L’assurance protection juridique vous accompagne en cas de difficultés ou de litige dans votre vie quotidienne. Elle couvre de nombreux domaines comme la consommation, le droit du travail, l’e-réputation ou encore l’habitat, avec la prise en charge des conflits de voisinage. Cette assurance vous aide à défendre et faire valoir vos droits en cas de litige avec votre propriétaire, votre syndic, votre bailleur ou l’un de vos voisins. Elle peut être mobilisée dans le cadre d’une procédure judiciaire (civile, administrative ou pénale), ou d’une procédure de règlement amiable.
Grâce à l’assurance protection juridique, vous avez accès à :
- Des informations juridiques : informations, conseils personnalisés, modèles de courriers ;
- Une assistance juridique : accompagnement par des juristes pour trouver un règlement à l’amiable ;
- La prise en charge des frais de justice : honoraires de commissaire de justice ou d’avocat, frais d’expertise et de procédure, selon les conditions prévues au contrat. Les amendes et dommages-intérêts ne sont pas couverts.
Le + SG
Avec l’assurance Protection Juridique proposée par SG(6) :
- Toute la famille est protégée par un contrat unique ;
- Vous pouvez déclarer un litige et suivre votre dossier en ligne via un espace sécurisé ;
- Un juriste spécialisé intervient pour trouver une solution à l’amiable, évitant ainsi un recours judiciaire long et coûteux ;
- Vos frais de justice (honoraires d’avocat, d’huissier…) peuvent être pris en charge jusqu’à 25 000 euros.
5 règles d’or pour éviter les conflits de voisinage
- Informez vos voisins en cas de nuisances sonores occasionnelles : si vous prévoyez d’organiser une soirée ou d’effectuer des travaux, pensez à prévenir vos voisins soit verbalement, soit par le biais d’une note glissée dans la boîte aux lettres ou affichée dans les parties communes de l’immeuble.
- Respectez les horaires pour les bruits de voisinage (en particulier le dimanche) : évitez de faire trop de bruit entre 22h et 7h. De jour, tout bruit répétitif, intensif ou durable peut être sanctionné. Les horaires concernant les travaux de bricolage et de jardinage varient selon les communes. Ils sont généralement admis de 9h à 19h en semaine, et proscrits ou limités à la tranche 10h-12h les dimanches et jours fériés. Pensez à consulter les arrêtés municipaux pour connaitre les horaires détaillés.
- Entretenez régulièrement votre jardin en taillant les haies et les arbres proches des propriétés voisines. Évacuez les différents déchets et détritus encombrants.
- Documentez les incidents : en cas de nuisance répétée, notez les dates, heures et preuves (photos, vidéos, témoignages). Ces éléments faciliteront un règlement amiable ou, à défaut, une action.
- Soyez respectueux et courtois envers vos voisins en évitant toute situation susceptible de les importuner. Privilégiez le dialogue : une discussion courtoise résout souvent les problèmes avant qu’ils ne s’aggravent
Troubles et litiges de voisinage, en résumé
Les conflits de voisinage peuvent devenir un vrai calvaire au quotidien, c’est pourquoi il est important de veiller à entretenir de bonnes relations avec ses voisins en respectant quelques règles simples de courtoisie. En cas de problème, les assurances habitation et protection juridique peuvent vous apporter une aide concrète.
Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.
Envie d'aller plus loin ?
(1) Enquête « Mon quartier, mes voisins », Ined (Institut national d’études démographiques), 2018-2019.
(2) Article 4 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016.
(3) Article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales.
(4) Article R623-2 du Code pénal.
(5) Contrats d'assurance Habitation de Sogessur, d’assistance de Fragonard Assurances et de Défense Pénale et Recours Suite à Accident d’Abeille Assurances IARD & Santé. Entreprises régies par le Code des assurances. Contrats présentés par Société Générale, dont le siège social est situé 29, boulevard Haussmann – 75009 Paris, en sa qualité d'intermédiaire en assurances, immatriculation ORIAS n° 07 022 493 (www.orias.fr). Ce contrat est soumis à des conditions d’éligibilité. Les événements garantis, les conditions, les limites et exclusions de garantie figurent au contrat.
(6) Contrat d'assurance de Protection Juridique de Sogessur. Gestion confiée à la Société Française de Protection Juridique. Entreprises régies par le Code des assurances. Ce contrat est présenté par Société Générale, dont le siège social est situé 29, boulevard Haussmann - 75009 Paris, en sa qualité d'intermédiaire en assurances, immatriculation ORIAS n° 07 022 493 (orias.fr). Ce contrat est valable en France métropolitaine et soumis à des conditions d'éligibilité. Les événements garantis, les conditions, les limites et exclusions figurent au contrat.