Cyberharcèlement : comment le prévenir et y faire face ?

L’essor d’Internet et des technologies numériques a entraîné le développement du harcèlement en ligne, ou cyberharcèlement. Ces pratiques en hausse ont des conséquences dévastatrices pour les victimes, en particulier les plus jeunes. Plus de 60 % d’entre eux et 40 % des adultes ont été victimes d’au moins une forme de cyberharcèlement en 2025(1). Comment le reconnaître et s’en protéger ? Que faire si vous êtes victime ou témoin ? Voici quelques pistes pour prévenir et lutter contre ce phénomène.
Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?
Le Code pénal (2) définit le harcèlement moral comme « le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale [...] ». Il précise également que lorsque ces agissements sont commis au moyen d’outils numériques, tels qu’un service de communication au public en ligne, une messagerie ou tout autre support électronique, il revêt la forme particulière de cyberharcèlement.
Le cyberharcèlement peut être le fait d’un individu unique ou d’un groupe de personnes. Il peut se dérouler sur un réseau social, un forum en ligne, un jeu vidéo multi-joueurs, un blog, mais également se manifester par l’envoi de courriels ou de SMS. Ce type de comportement peut prendre de multiples formes :
- Moqueries, insultes, intimidations, menaces, incitation à la haine ;
- Propagations de rumeurs et fake news ;
- Publication de photos ou vidéos compromettantes, humiliantes ou à caractère sexuel (« revenge porn » ou vengeance pornographique) ;
- Création d’un fil de discussion, d’une page sur un réseau social ou d’un groupe ayant pour objet la personne visée. Ce cas de figure se produit fréquemment dans le cadre scolaire ;
- Partage d’informations personnelles volées, modifiées ou détournées ;
- Piratage de comptes en ligne ou usurpation d’identité.
| Type d’acte | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Messages hostiles | Moqueries, insultes, intimidations, menaces, incitation à la haine | Commentaires sous un post publié par la victime sur les réseaux sociaux, création d’un fil de discussion, d’une page sur un réseau social ou d’un groupe ayant pour objet la personne visée. |
| Propagations de rumeurs et de fake news | Envoi de messages groupés ou commentaire sous un post | SMS, WhatsApp, réseaux sociaux |
| Publication de photos ou vidéos | Contenus compromettants, humiliants ou à caractère sexuel (« revenge porn » ou vengeance pornographique) | Envoi de SMS, e-mails, publications sur Internet |
| Partage ou utilisation d’informations privées | Informations volées, modifiées ou détournées, usurpation d’identité | Piratage de comptes en ligne, vol de données, utilisation d’un faux profil |
Le numérique amplifie l’impact du harcèlement
Ces actes agressifs, intentionnels et répétés visent à humilier, exclure, faire peur ou rabaisser. Les moyens de communication électroniques décuplent leur impact :
- Les messages peuvent être partagés de manière massive et instantanée. Les contenus publics postés en ligne sont visibles par un grand nombre de personnes ;
- Le harcèlement peut avoir lieu à tout moment, y compris en dehors du temps de travail lorsqu’il s’exerce dans le cadre de l’entreprise, ou du temps scolaire pour les élèves. La victime n’a pas de répit ;
- L’utilisation de pseudonymes accentue le sentiment d’impunité des auteurs ;
- Les témoins qui likent, partagent ou commentent aggravent le phénomène, parfois sans en avoir conscience ;
- Les contenus peuvent demeurer en ligne et porter atteinte à l’e-réputation des victimes.
Un phénomène qui touche particulièrement les jeunes
Il est difficile de mesurer l’étendue du cyberharcèlement auprès de l’ensemble des internautes, mais le phénomène semble prendre de l’ampleur :
- Sur le site Cybermalveillance.gouv.fr, les recherches consacrées au cyberharcèlement ont augmenté de 31 % entre 2023 et 2024 (3).
- Selon une étude de l’OMS (4) menée dans 44 régions européennes, 15 % des adolescents et 16 % des adolescentes – soit un sur six – ont subi des faits de cyberharcèlement en 2022. Ces chiffres sont en augmentation par rapport à 2018, où ils atteignaient respectivement 12 et 13 %.
- En France, 18 % des enfants de 6 à 18 ans ont été confrontés au moins une fois à du cyberharcèlement. 25 % des jeunes filles en sont victimes au lycée. La messagerie WhatsApp concentre à elle seule 41 % des cas, souvent dans le cadre de groupes de classe (5).
Des conséquences lourdes et durables
Le cyberharcèlement peut avoir des conséquences dommageables sur le quotidien et la santé des victimes. L’impact se manifeste à la fois :
Sur le plan psychique :
- Perte d’estime de soi, dépression, pensées suicidaires ;
- Anxiété, phobie scolaire ou professionnelle, agressivité ;
- Difficultés de concentration et d’apprentissage ;
- Isolement, repli sur soi.
Sur le plan physique :
- Troubles du sommeil ;
- Perte d’appétit, troubles des conduites alimentaires (TCA) ;
- Manque d’énergie, apathie ;
- Développement de comportements addictifs (alcool, drogue) ;
- Mutilations corporelles.
Le harcèlement conduit à une dégradation de l’état de santé des victimes. L’impact est encore plus important chez les enfants car ces derniers sont plus vulnérables. Un quart des jeunes victimes de ce type de violences font part d’une souffrance extrême : perte de confiance générale (50 %), insomnies et angoisses (42 %), pensées suicidaires (25 %). Deux victimes sur trois vivent dans la peur permanente d’une récidive (6). Au-delà de l’impact en termes de vie sociale, les répercussions s’observent dans le cadre scolaire pour les plus jeunes (absentéisme, phobie scolaire, baisse des résultats), et au plan professionnel pour les adultes. Les conséquences sont à la fois financières, juridiques et réputationnelles.
Comment agir face au cyberharcèlement ?
Vous êtes victime d’actes de cyberharcèlement ou parent d’un jeune harcelé en ligne ? Voici quelques conseils pour faire face à cette situation :
- Ignorez les messages et leur(s) auteur(s). En répondant, vous risquez d’envenimer la situation.
- Bloquez le ou les cyberharceleur(s) et modifiez les paramètres de confidentialité de vos comptes sur les réseaux sociaux pour en limiter la visibilité.
- Rassemblez les preuves. Faites des captures d’écran des messages postés sur les réseaux sociaux. Conservez les SMS, e-mails, photos et vidéos.
- Faites un signalement. Contactez l’administrateur du forum ou l’hébergeur du site internet. Les réseaux sociaux permettent aux utilisateurs de signaler rapidement les contenus problématiques pour obtenir leur suppression.
- Ne restez pas seul. Parlez-en à un proche ou à une plateforme d’écoute.
- Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
- Si vous disposez d’une assurance protection juridique, contactez votre conseiller pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé.
Quelles sont les peines encourues ?
Le cyberharcèlement est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. La sanction peut aller jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende en cas de circonstances aggravées, en particulier si la victime est mineure(7).
Comment la protection juridique peut-elle vous aider ?
L’assurance protection juridique vous aide à vous défendre et faire valoir vos droits dans de nombreux domaines de la vie courante, par exemple en cas d’atteinte à votre image sur les réseaux sociaux. Elle peut s’appliquer dans le cadre d’une procédure de règlement amiable ou d’une procédure judiciaire, qu’elle soit civile, administrative ou pénale. L’assurance protection juridique offre trois niveaux de garantie :
- Des informations juridiques : informations et conseils personnalisés pour connaître et faire valoir vos droits ;
- Une assistance juridique : accompagnement de juristes pour trouver une solution à l’amiable en cas de litige ;
- La prise en charge des frais de justice : honoraires de commissaire de justice ou d’avocat, frais de procédure et d’expertise, selon les conditions prévues au contrat.
Si vous ou votre enfant êtes victime de cyberharcèlement, vous pouvez bénéficier des services de la protection juridique :
- Médiation et accompagnement dans les démarches pour obtenir le retrait d’un contenu ou son déréférencement ;
- Prestation « d’enfouissement » pour rendre le contenu moins visible dans les résultats des moteurs de recherche ;
- Prise en charge des frais de procédure en cas de poursuites pénales.
Pour aller plus loin sur la manière de faire valoir vos droits en cas de litige, consultez notre article Comment défendre vos intérêts en cas de litige juridique ?
Grâce à l’assurance Protection Juridique(8) proposée par SG
- Toute la famille est couverte par un contrat unique sous certaines conditions ;
- Vous disposez d’un service d’assistance avec des experts juridiques prêts à vous conseiller dans 14 domaines de la vie courante tels que : habitation, consommation, mais aussi e-réputation ou usurpation d’identité ;
- Vos frais de justice sont pris en charge jusqu’à 25 000 euros par litige.
Qui contacter en cas de cyberharcèlement ?
- Les jeunes ou leurs parents peuvent contacter le numéro 3018.
Le 3018 est le numéro national d’aide pour les victimes de cyberharcèlement en France. C’est un service gratuit, anonyme et confidentiel, géré par l’association e‑Enfance, et soutenu par l’État. Vous pouvez échanger avec des policiers ou des gendarmes formés au cyberharcèlement par messagerie instantanée 24h/24 et 7j/7.
- Si vous faites l’objet d’injures, de diffamation ou de menaces, il est recommandé d’effectuer un signalement sur la plateforme Pharos laquelle permet de signaler en ligne les contenus et comportements illicites de l'internet
- En cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112.
Les bonnes pratiques à adopter pour se protéger contre le cyberharcèlement
- Bien paramétrer ses comptes et ses profils sur les réseaux sociaux pour maîtriser les informations que l’on souhaite partager ;
- Réfléchir avant d’écrire, partager ou aimer un contenu, en particulier sur des sujets sensibles ;
- Sécuriser ses comptes en ligne avec un mot de passe solide.
Les parents peuvent être des acteurs clés dans la prévention et la protection des plus jeunes face au cyberharcèlement :
- Éduquer à l’usage responsable d’Internet et des réseaux sociaux (vie privée, importance de protéger ses données personnelles) ;
- Expliquer les conséquences juridiques des propos tenus en ligne ;
- Mettre en place un encadrement numérique : contrôle parental, interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes.
La prévention devient une responsabilité collective et institutionnelle :
- Les établissements scolaires multiplient les programmes de sensibilisation (exemple avec le programme pHARe ) et les entreprises intègrent désormais ces enjeux dans leurs formations au numérique. L’éducation aux usages responsables constitue un rempart essentiel contre ce fléau ;
- Une proposition de loi vise à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans(9) ;
- La Commission européenne a dévoilé un plan d’action contre le cyberharcèlement en février 2026 pour protéger les jeunes (10).
En résumé
Le cyberharcèlement est un phénomène d’ampleur qui touche en particulier les plus jeunes. Liker, partager ou poster un contenu n’a rien de virtuel, et peut avoir de lourdes conséquences pour la victime comme pour son auteur. Il est possible de mettre un terme à ce type d’agissements en les signalant aux autorités compétentes. En souscrivant une assurance protection juridique, vous bénéficiez d’un accompagnement tout au long de cette épreuve.
Les informations contenues dans ce document sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel qui vous proposera une solution adaptée à votre situation personnelle
Être accompagné en cas de litige ?
L’assurance protection Juridique (8) vous accompagne en cas de difficultés ou de litige dans votre vie de tous les jours.
(1) HARCÈLEMENT 2.0 : QUAND LE VIRTUEL DEVIENT VIOLENCE ! | Informatique CDC, 2025
(2) Article 222-33-2-2 du Code Pénal
(3) Rapport d’activité, Cybermalveillance.gouv.fr, 2024
(4) Enquête sur le comportement des enfants d’âge scolaire en matière de santé (HBSC), OMS/Europe, 2024
(5) Etude Caisse d’Epargne – Association e-Enfance / 3018, 2025
(6) Ibid
(7) Selon l’article 222‑33‑2‑2 du Code pénal
(8) Contrat d'assurance de Protection Juridique de Sogessur. Gestion confiée à la Société Française de Protection Juridique. Entreprises régies par le Code des assurances. Ce contrat est présenté par Société Générale, dont le siège social est situé 29, boulevard Haussmann - 75009 Paris, en sa qualité d'intermédiaire en assurances, immatriculation ORIAS n° 07 022 493 (orias.fr). Ce contrat est valable en France métropolitaine et soumis à des conditions d'éligibilité. Les événements garantis, les conditions, les limites et exclusions figurent au contrat.
(9) Proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux, n° 2107
(10) Plan d’action contre le cyberharcèlement, Commission européenne, février 2026