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Anticiper sa retraite quand on est une femme

En France, les femmes perçoivent en moyenne une pension de retraite inférieure de 38 % à celle des hommes, selon une étude de 2023 de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. C'est un écart encore très marqué malgré les réformes successives. Si ce décalage s'explique par des parcours professionnels souvent différents, nous allons voir ensemble qu'il n'est pas une fatalité.

Beaucoup de nos auditeurs, et surtout d’auditrices, se demandent si :

« Une carrière hachée, des périodes de temps partiel ou des années consacrées à l’éducation des enfants risquent de peser lourdement sur leur future retraite et, surtout, s’il est encore possible d’y remédier ? »

C’est une question vraiment légitime, car nous sommes au cœur d'un véritable enjeu de société : celui de la retraite des femmes, une thématique qui touche, de près ou de loin, la moitié de la population française. Or la retraite peut parfois réserver de mauvaises surprises si on n’y prête pas attention pendant la vie active. Pourtant, avec les bons outils de pilotage, une préparation anticipée et une stratégie patrimoniale réfléchie, il est tout à fait possible d’aborder ce nouveau chapitre avec un socle financier solide. C'est tout l'enjeu de notre discussion aujourd'hui : reprendre le pouvoir sur son avenir.

Pourquoi observe-t-on encore un tel écart de pension entre les femmes et les hommes ? Qu’est-ce qui l’explique concrètement ?

Je vais commencer par reprendre votre introduction, où vous présentiez les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui indiquent un écart de 38 % en moyenne entre la pension des femmes et des hommes. Cette différence, en réalité, elle vient d’un cumul de causes tout au long de la vie professionnelle.

D’abord, il y a l’écart de rémunération qui reste toujours présent malgré les mesures prises pour tendre vers l’équité. À cela s’ajoute le fait que les femmes recourent plus fréquemment au temps partiel que les hommes par exemple, après l’arrivée d’un enfant. La conséquence est immédiate puisque cela réduit mécaniquement les cotisations de retraite.

Le parcours professionnel des femmes est aussi marqué par des interruptions de carrière plus nombreuses que chez les hommes. Ce sont majoritairement les femmes qui assument le rôle d’aidants familiaux, pour s’occuper de proches dépendants, d’enfants malades ou de parents âgés.

À la naissance d’un enfant, ce sont les mères qui prennent majoritairement un congé parental. La création du congé supplémentaire de naissance mis en place à partir du 1er juillet 2026 devrait permettre de rétablir l’équilibre de la charge parentale, mais il est pour l’instant impossible d’en mesurer les effets.

Au bout du compte, les femmes se retrouvent donc avec des carrières plus hachées, moins linéaires, et des progressions salariales plus faibles. Mises bout à bout, ces situations créent un impact direct et cumulatif : moins de trimestres validés et des salaires moyens moins élevés sur les 25 meilleures années, selon l’Institut National d'Etudes Démographiques. Cette « double peine » transforme les disparités de carrière en un véritable écart au moment de prendre la retraite, et se répercute sur le niveau de pension.

Peut-on dire que le système de retraite n’est pas adapté à la réalité que vivent les femmes aujourd’hui ?

En quelque sorte oui. Le logiciel de base de notre retraite a été conçu dans les années 50 pour un modèle d'homme actif avec une carrière continue. Même s'il existe des « mesures correctives », appelons-les ainsi, comme l'attribution de trimestres supplémentaires au 1er enfant ou la majoration de pension prévue dès le 3ème enfant comme les majorations pour les enfants par exemple, le cœur du calcul reste fondé sur la performance contributive linéaire et continue.

Le système a du mal à valoriser le travail invisible, comme l'éducation ou le soin aux proches, qui repose encore majoritairement sur les femmes. Il y a donc un décalage important entre ces règles rigides et la réalité des carrières modernes, beaucoup plus souples et parfois subies. C’est pour cela qu’il faut prendre les devants.

Les dernières réformes n’ont-elles pas changé la donne pour les mères de famille ?

Il y a des avancées, c'est vrai. On intègre désormais mieux certaines réalités, comme les indemnités maternité, et la Loi de Financement de la sécurité sociale 2026 prévoit aussi une prise en compte plus favorable des meilleures années selon le nombre d’enfants : 24 années retenues pour un enfant, 23 pour deux. C’est un signal positif, qui permet de limiter en partie l’impact des carrières interrompues.

Mais il faut rester lucide car au fond, ça reste une compensation partielle. La réforme ne va pas combler 38 % d'écart de pension.

Il ne faut donc pas se reposer uniquement sur ces évolutions. C’est bien l’anticipation et l’épargne personnelle qui permettront de sécuriser durablement son niveau de vie à la retraite.

Parlons un moment des femmes entrepreneures ou indépendantes. Au moment de la retraite, sont-elles plus exposées à la précarité que les salariées ?

Les entrepreneures sont clairement en première ligne face à ces risques. Contrairement à une salariée, une professionnelle indépendante ne bénéficie d'aucun filet de sécurité collectif, comme la retraite complémentaire obligatoire d'entreprise, la prévoyance cadre ou les dispositifs d'épargne salariale type Plan Epargne Entreprise. Elle est véritablement seule aux commandes de son avenir.

Dans la réalité du quotidien, si elle décide de baisser sa rémunération pour réinvestir dans sa croissance, ou si elle doit s'arrêter quelques mois pour des raisons personnelles, ses droits à la retraite s'effondrent immédiatement. Une seule année avec de faibles cotisations peut alors avoir un impact durable et irréversible sur le montant final de sa pension de base.

Cette vulnérabilité rend d’autant plus indispensable une démarche proactive, car elle ne peut pas compter sur le système par répartition pour maintenir son niveau de vie. Il devient donc vital de prendre les devants en constituant, dès que possible, une épargne complémentaire robuste et personnalisée pour ne pas sacrifier son futur à la réussite de son entreprise actuelle.

Face à ce constat, quelle est la première étape pour une femme qui souhaite sécuriser son avenir ?

La première étape consiste à faire un état des lieux précis de sa situation, tout d’abord en se rendant sur son compte personnel du site public officiel commun à tous les régimes de retraite « info-retraite.fr ». Chacun peut examiner son relevé de carrière et demander des corrections en cas d’anomalies ou d’oublis. Trop peu de personnes connaissent le montant de leur future pension. Or il est essentiel de prendre conscience de l’écart potentiel entre les revenus actuels et la future retraite, de visualiser un éventuel déficit. Anticiper permet d’éviter d’avoir une mauvaise surprise à la retraite et de mettre en place des solutions en amont.

Justement, entrons un peu plus dans le détail de ces solutions. Pouvez-vous nous en présenter quelques-unes ?

Oui, bien sûr. Il existe aujourd’hui des outils très utiles, notamment les simulateurs de retraite. Je peux prendre l’exemple de « Mon Compagnon Retraite(1) », proposé gratuitement par Société Générale Assurances à ses clients en partenariat avec la fintech Sapiendo (1).

Dans un premier temps, la plateforme estime les futures pensions de retraite en tenant compte de l’ensemble du parcours professionnel. Il permet aussi de mesurer l’impact des différentes étapes de carrière, comme les périodes de temps partiel, les interruptions liées à la maternité ou à un congé parental, mais aussi les changements de statut, par exemple entre salariée et indépendante.

L’intérêt d’une telle démarche, c’est d’obtenir une projection personnalisée qui colle à la réalité de chaque parcours. À partir de là, on peut identifier un très probable manque à combler entre les revenus attendus et les besoins estimés à la retraite.

Enfin, l’outil propose des pistes d’actions concrètes sur un temps plus ou moins long. Cela peut passer par la mise en place d’un Plan d’Épargne Retraite (PER), d’une assurance vie en complément, ou encore par un ajustement progressif des versements pour renforcer sa préparation.

Et si le simulateur « Mon Compagnon Retraite » révèle un manque à gagner, est-il possible de rectifier le tir en cours de carrière ?

Oui, et c’est même tout l’intérêt de faire cette démarche le plus tôt possible. Plus le problème est détecté tôt, plus il est facile à corriger. À partir de 50 ans, il faut éplucher son relevé de carrière. Or il y a souvent des erreurs, comme des jobs d'été oubliés ou des trimestres de maternité mal comptés par exemple, voire pas comptés du tout.

Corriger ces anomalies peut donc faire gagner beaucoup. Et sur le plan de l'épargne, ajuster ses versements, même de 50 euros par mois, peut vraiment transformer votre retraite dix ou quinze ans plus tard. L'essentiel est de ne pas attendre la liquidation de la pension pour agir, car une fois le dossier bouclé, les marges de manœuvre sont très limitées dans le temps et relativement fastidieuses à mettre en place.

Parlons un peu du PER maintenant, qui est souvent présenté comme une solution d’épargne pour préparer sa retraite, pourquoi ?

Le Plan d’Épargne Retraite, comme le contrat Acacia proposé par SG(2) à titre d’exemple, est une solution d’épargne réglementée qui peut répondre à certains objectifs de préparation de la retraite, selon la situation personnelle de l’épargnant. L’un de ses principaux mécanismes repose sur un avantage fiscal, puisque les versements effectués peuvent, sous conditions, être déduits des revenus imposables. Cet avantage dépend toutefois de la situation fiscale de chacun et du cadre réglementaire en vigueur.

Le PER offre également des modalités de fonctionnement souples, notamment la possibilité d’effectuer des versements libres ou programmés et d’en ajuster le montant dans le temps. Certains contrats intègrent par ailleurs une gestion pilotée dite « horizon retraite », qui fait évoluer progressivement l’allocation de l’épargne en fonction de l’échéance de départ à la retraite, sans que cela ne garantisse ni le capital, ni la performance.

Enfin, le PER constitue un cadre d’épargne orienté vers le long terme, avec des règles de disponibilité spécifiques. Son intérêt, comme son niveau de risque, doit être apprécié au regard du profil de l’épargnant, de son horizon de placement et des supports d’investissement choisis, lesquels peuvent comporter un risque de perte en capital.

Quel est l'intérêt de compléter son PER par une Assurance Vie ?

Très bonne question. L’intérêt principal, c’est la complémentarité. Le PER est un excellent outil pour préparer la retraite, mais l’épargne y est, sauf cas particuliers, bloquée jusqu’à la fin de carrière. L’assurance vie, à l’inverse, offre une grande souplesse : l’épargne reste disponible à tout moment, ce qui en fait un véritable outil polyvalent.

L’assurance vie permet de faire face à un imprévu, mais aussi de financer des projets de vie, comme un achat immobilier, les études des enfants, une reconversion professionnelle. Elle offre aussi une fiscalité particulièrement attractive après huit ans, ainsi qu’un large choix de supports d’investissement, du plus sécurisé au plus dynamique, selon votre profil d’investisseur.

En combinant PER et assurance vie, les femmes bénéficient donc à la fois d’un cadre structurant pour la retraite et d’une épargne flexible pour accompagner les différentes étapes de leur vie.

Pour une femme qui commence à épargner tardivement, est-ce encore utile d'ouvrir ces dispositifs ?

Absolument. On entend beaucoup trop souvent « à 50 ans, c'est trop tard, le mal est fait », mais c'est totalement faux. Même s'il ne vous reste que 10 ou 15 ans devant vous avant la fin de votre carrière, l'effet de capitalisation et, surtout, l'avantage fiscal immédiat du PER restent des leviers extrêmement puissants. Il est toujours préférable de franchir le seuil de la retraite avec un capital supplémentaire, même modeste, plutôt que de dépendre uniquement de sa pension.

Il faut comprendre que chaque euro placé aujourd'hui peut fructifier dans le temps et viendra directement renforcer votre pouvoir d'achat demain. Commencer plus tardivement demande simplement un peu plus de rigueur et de régularité dans ses versements pour compenser le temps passé, mais l'opération reste mathématiquement rentable et psychologiquement rassurante. Il n'y a pas de « petit profit » ni de « petit effort » quand il s'agit de garantir son autonomie financière et sa liberté de choix pour cette nouvelle étape de vie.

En résumé : estimer ses revenus à la retraite, comprendre ses besoins pour en profiter pleinement et agir en mettant en place des solutions d’épargne retraite le plus tôt possible sont les meilleurs moyens pour les femmes d’avoir une retraite à la hauteur de leurs attentes ?

Exactement. Certes l’écart de pension est important malgré les dispositifs existants. Mais pour les femmes, la retraite ne doit pas être une fatalité, et la meilleure réponse est sans aucun doute l’anticipation. « Mon Compagnon Retraite(1) », le PER Acacia(2) et l'assurance vie proposée par SG offrent une combinaison complète pour comprendre son futur niveau de revenus, combler les écarts, et renforcer sa protection financière. Plus on anticipe, plus les marges de manœuvre sont grandes. C’est cette capacité à se projeter et à agir qui va permettre de sécuriser son avenir et d'offrir à toutes les femmes la retraite qu’elles méritent. Chez SG, nos conseillers sont là pour accompagner nos clientes à chaque étape de leur parcours, dès qu'elles décident de prendre ce sujet en main.

Merci Laurent pour cet éclairage très complet. On retiendra finalement que la retraite des femmes n’est pas un sujet que l’on doit subir, mais un avenir que l’on peut piloter.

Merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés, et à très bientôt pour un prochain épisode !

Les informations contenues dans ce document sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de Société Générale et ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel afin de vous proposer une solution adaptée eu égard de votre situation personnelle.

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Intermédiaire en assurance dûment enregistré à l’ORIAS sous le n° 07 022 493 (www.orias.fr).

SG est une marque de Société Générale.

(1) Mon Compagnon Retraite : Les simulations et projections financières réalisées sur Mon Compagnon Retraite donnent une indication des ressources une fois à la retraite. Les calculs sont réalisés par le partenaire de Société Générale, Sapiendo, sur la base des informations connues et communiquées au jour de la réalisation de la simulation et en l’état actuel des retraites en vigueur depuis 2023. Les résultats n’engagent pas Société Générale et ne valent ni diagnostic de situation patrimoniale, ni conseils en investissements financiers, ni position émanant de l’administration fiscale, d’un organisme de retraite ou d’une autre administration. Ils n’ont aucun impact réel sur vos comptes et sur vos contrats. Le propriétaire et éditeur du site SAPIENDO est la société R’FINTECH, SAS au capital de 233 200 euros, dont le numéro individuel de TVA est FR00812843894. Elle est immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 812 843 894, son siège social étant 32, rue des Archives – 75004 Paris


(2) PER ACACIA est un contrat d’assurance collective sur la vie à adhésion facultative, souscrit par l'Association Apogée Retraite auprès de SOGECAP et présenté par SOCIETE GENERALE dont le siège social est situé 29, boulevard Haussmann (Paris IXe) et BFCOI en leur qualité d’intermédiaires en assurances (immatriculation à l’ORIAS n° 07 022 493 et 07 030 515 ; www.orias.fr). Autorité chargée du contrôle : Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) – 4, place de Budapest - CS 92459 – 75436 Paris Cedex 09