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Déclaration d’impôts : comment sont imposés vos placements ?

Comprendre l'imposition des placements financiers pour votre déclaration d'impôts

PEA, compte‑titres, assurance‑vie, immobilier locatif… La fiscalité des placements ne répond pas à une règle unique : elle dépend du support, de la nature des gains et, le cas échéant, des options susceptibles d’être exercées par l’épargnant.Ce contenu propose un panorama des principaux mécanismes à connaître lors de l’établissement de la déclaration de revenus, dans le respect des règles applicables

2026 : évolution du prélèvement forfaitaire unique

Comme chaque année, la période de déclaration des revenus constitue un moment propice pour faire le point sur la fiscalité applicable aux placements. En 2026, une évolution réglementaire mérite une attention particulière : le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé « flat tax », est porté de 30 % à 31,4 %(1).

Cette évolution résulte d’une hausse des prélèvements sociaux, qui passent de 17,2 % à 18,6 %, la part d’impôt sur le revenu restant inchangée à 12,8 %. Le PFU s’applique notamment aux revenus de placements courants tels que les dividendes, les plus‑values mobilières et les intérêts perçus sur un compte‑titres.

Cette évolution ne concerne pas l’assurance‑vie, pour laquelle les prélèvements sociaux demeurent fixés à 17,2 % en 2026, ni les revenus fonciers, soumis à un régime d’imposition distinct.

En matière de fiscalité des produits d’épargne, il n’existe pas de régime universel. L’imposition dépend de plusieurs paramètres, parmi lesquels la nature du gain réalisé (un dividende et une plus‑value n’étant pas traités de la même manière), le support sur lequel le placement est logé (par exemple un plan d’épargne en actions (PEA) ou un compte‑titres) et, dans certains cas, des options que l’épargnant peut être amené à exercer lors de l’établissement de sa déclaration de revenus.

Revenus, plus-values : deux logiques fiscales à distinguer

Avant d’entrer dans le détail de chaque placement, une distinction s’impose. Les gains issus de l’épargne se répartissent en deux grandes catégories, soumises à des règles d’imposition distinctes.

  • Les revenus désignent les gains perçus pendant la détention d’un placement : intérêts d’un livret fiscalisé, dividendes d’une action, coupons d’une obligation.
  • Les plus‑values correspondent au gain réalisé lors de la cession d’un actif à un prix supérieur à son prix d’acquisition, soit la différence entre le prix de vente et le prix d’achat.

Dans les deux cas, l’imposition repose généralement sur deux composantes, comme dans le cadre du prélèvement forfaitaire unique : l’impôt sur le revenu, d’une part, et les prélèvements sociaux, d’autre part.

Un choix possible entre flat tax ou barème progressif

Le prélèvement forfaitaire unique s’applique par défaut à la plupart des revenus et plus‑values issus des placements financiers. Il est toutefois possible, au moment de la déclaration de revenus, d’opter pour l’imposition de ces gains selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Cette option peut, selon les situations, être plus adaptée pour les contribuables dont le taux marginal d’imposition est inférieur au taux de l’impôt sur le revenu compris dans le PFU, fixé à 12,8 %.

Il convient néanmoins de rappeler que le choix du barème progressif est global : lorsqu’il est exercé, il s’applique à l’ensemble des revenus financiers perçus au cours de l’année concernée, sans possibilité de combiner le PFU pour certains gains et le barème pour d’autres.

L’imposition des placements selon l’enveloppe

Au‑delà de la nature du gain réalisé, l’enveloppe dans laquelle un placement est logé joue un rôle déterminant dans son traitement fiscal. Compte‑titres, plan d’épargne en actions (PEA) et assurance‑vie sont chacun soumis à des règles d’imposition spécifiques, prévues par la réglementation.

Le compte-titres : la fiscalité de droit commun

Le compte‑titres ordinaire constitue une enveloppe permettant de détenir une grande variété de titres, sans plafond ni restriction géographique. En contrepartie, il ne bénéficie pas de régime fiscal spécifique. Les dividendes et intérêts perçus sont imposés l’année de leur versement selon les règles applicables, notamment au prélèvement forfaitaire unique au taux en vigueur de 31,4 %, ou, le cas échéant, selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu lorsque cette option a été exercée lors de la déclaration de revenus.

Les plus‑values réalisées lors de la cession de titres sont soumises au même principe d’imposition : application du prélèvement forfaitaire unique ou option pour le barème progressif, dans les conditions prévues par la réglementation.

Le PEA : une fiscalité liée aux retraits

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) repose sur un principe général : tant qu’aucun retrait n’est effectué, les gains générés à l’intérieur du plan ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, sous réserve qu’ils demeurent investis dans le PEA.

La fiscalité s’applique lors de la réalisation d’un retrait et dépend de l’ancienneté du plan. Avant cinq ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) et le retrait entraîne, sauf exceptions prévues par la réglementation telle que l’invalidité, la clôture du plan.Après cinq ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux restent dus, au taux en vigueur de 18,6 % depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.(2)

Depuis la loi PACTE de 2019, un retrait partiel intervenant après cinq ans n’entraîne plus la clôture du plan et n’interdit pas la poursuite des versements(3), conformément aux conditions applicables. Cette caractéristique constitue un élément structurel du fonctionnement du PEA.

L’assurance‑vie : une fiscalité liée à la durée de détention et aux montants investis

Une logique comparable s’applique à l’assurance‑vie : tant qu’aucun rachat n’est effectué, les gains réalisés au sein du contrat ne sont pas imposés. Lorsqu’un rachat intervient (appelé « rachat » dans le vocabulaire de l’assurance‑vie), seule la part correspondant aux gains est soumise à l’imposition, à l’exclusion du capital investi.

La fiscalité applicable dépend notamment de la durée de détention du contrat. Après huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel, fixé à 4 600 € pour une personne seule, et à 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune(4).

Au‑delà de cet abattement et pour les primes versées à compter du 27 septembre 2017, les gains sont soumis à un taux d’imposition réduit de 7,5 %(5), dans la limite de 150 000 € de primes versées par assuré. Lorsque ce seuil est dépassé, les gains correspondant à la fraction des primes excédant 150 000 € sont imposés au taux de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux.

Avant huit ans de détention, les gains issus des rachats sont soumis soit au prélèvement forfaitaire unique, soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu, selon l’option exercée lors de la déclaration de revenus.

Dans tous les cas, les gains issus d’un contrat d’assurance‑vie supportent également les prélèvements sociaux, au taux de 17,2 %, taux maintenu en 2026. Les modalités de prélèvement varient selon la nature du support : pour les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont effectués chaque année sur les intérêts crédités ; pour les unités de compte, ils sont dus uniquement au moment du rachat.

Comment sont imposés les revenus de l’immobilier locatif ?

L’immobilier locatif relève d’un cadre fiscal distinct de celui des placements financiers. Les revenus à déclarer ne prennent pas la forme de dividendes ou de plus‑values mobilières, mais correspondent aux loyers perçus au titre de la mise en location d’un bien immobilier, selon les règles prévues par la réglementation applicable.

Revenus fonciers : ce qui est imposable

Les loyers perçus au titre d’une location non meublée constituent des revenus fonciers. Le point de départ du calcul correspond aux loyers bruts encaissés au cours de l’année. Selon le régime d’imposition applicable, certaines charges peuvent être prises en compte afin de déterminer le revenu foncier net. Ce montant est ensuite intégré aux autres revenus du foyer pour le calcul de l’impôt sur le revenu et demeure soumis aux prélèvements sociaux.

Deux régimes d’imposition coexistent.

Lorsque les revenus fonciers bruts annuels n’excèdent pas 15 000 €, le régime du micro‑foncier s’applique de plein droit : il prévoit un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts. Le régime réel peut toutefois être retenu sur option, quel que soit le montant des loyers, notamment lorsque les charges effectivement supportées — tels que les travaux, les intérêts d’emprunt ou la taxe foncière — excèdent le montant de l’abattement forfaitaire(6). Cette option engage le contribuable pour une durée de trois ans, conformément aux règles en vigueur.

Au‑delà de 15 000 € de revenus fonciers bruts annuels, le régime réel s’applique de droit.

La location meublée, un régime fiscal distinct

Les locations meublées ne relèvent pas de la catégorie des revenus fonciers mais de celle des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Selon la nature de la location, le niveau de recettes annuelles et les options exercées, le régime d’imposition applicable peut être le micro‑BIC ou le régime réel BIC, dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur(7).

Location meublée classique

  • Régime micro‑BIC : applicable lorsque les recettes annuelles sont inférieures à 83 600 €, avec un abattement forfaitaire de 50 %.Lorsque les recettes annuelles sont inférieures à 305 €, aucune imposition n’est due.
  • Régime réel BIC : applicable sur option lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 €, ou de plein droit lorsque les recettes excèdent ce seuil.

Meublés de tourisme

Meublés de tourisme classés :

  • Régime micro‑BIC : applicable lorsque les recettes annuelles sont inférieures à 83 600 €, avec un abattement forfaitaire de 50 %.
  • Régime réel BIC : applicable sur option lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 €, ou de plein droit lorsque les recettes dépassent ce seuil.

Meublés de tourisme non classés :

  • Régime micro‑BIC : applicable lorsque les recettes annuelles ne dépassent pas 15 000 €, avec un abattement forfaitaire de 30 %.
  • Régime réel BIC : applicable sur option lorsque les recettes ne dépassent pas 15 000 €, ou de plein droit lorsque les recettes excèdent ce seuil.

Dans le cadre du régime réel BIC, les charges effectivement supportées peuvent être prises en compte et des mécanismes d’amortissement peuvent s’appliquer, selon les règles prévues par la réglementation.

Pour en savoir plus sur le calcul du rendement de vos investissements locatifs et l’impact des différentes fiscalités applicables, consultez notre article dédié à ce sujet.

Ne pas confondre revenus locatifs et plus-value immobilière

Les revenus locatifs sont imposés chaque année au titre des loyers effectivement perçus. La plus‑value immobilière, quant à elle, est réalisée uniquement lors de la cession du bien.

Ces deux catégories de revenus obéissent à des règles fiscales distinctes. La taxation de la plus‑value immobilière tient notamment compte de la durée de détention du bien, laquelle peut ouvrir droit, sous certaines conditions prévues par la réglementation, à des abattements progressifs.

Les bons réflexes avant de valider sa déclaration

La majorité des revenus issus des placements est, en règle générale, déjà renseignée dans la déclaration de revenus avant même l’ouverture du formulaire. Les établissements financiers transmettent automatiquement ces informations à l’administration fiscale au moyen de l’IFU (Imprimé Fiscal Unique, formulaire n° 2561), établi au plus tard le 15 février. Les montants correspondants sont ensuite préremplis dans la déclaration en ligne.

Il peut être utile de vérifier la concordance de ces informations avec celles figurant sur l’IFU. En cas d’écart constaté entre les montants préremplis et ceux mentionnés sur le relevé, une correction de la déclaration ou un contact avec l’établissement concerné peut s’avérer nécessaire.

Deux points d’attention complémentaires peuvent également être examinés :

  • S’assurer du bon classement de chaque revenu, selon qu’il s’agit d’un revenu (intérêts, dividendes, loyers) ou d’une plus‑value, et selon l’enveloppe fiscale correspondante.
  • Examiner l’option pour le barème progressif : dans certaines situations, cette option peut conduire à une imposition différente, notamment lorsque le taux marginal d’imposition du foyer est inférieur à 12,8 %. Ce choix est global et s’applique à l’ensemble des revenus financiers perçus au cours de l’année concernée.

En cas de doute, un conseiller bancaire peut apporter des éléments d’information générale et rappeler les règles applicables. Lorsque la situation le nécessite, le recours à un professionnel spécialisé indépendant peut être envisagé.

Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.

(1) Entreprendre - Service public

(2) Service Public - Impôt sur le revenu

(3) Possibilité de réinvestir après un retrait partiel dans la limite des plafonds autorisés, soit : 150 000 € pour le PEA (inchangé), celui du PEA-PME est passé à 225 000 €, mais le total des deux ne peut pas dépasser 225 000 €.

(4) Bercy infos particuliers

(5) Impôts particuliers : ceci pour les produits des contrats attachés aux primes versées à compter du 27 septembre 2017 et si l’encours est inférieur à 150 000 €

(6) Service Public – Revenus locatifs

(7) https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32744