Fracture, invalidité ou même décès : une chute dans la salle de bains peut avoir de terribles conséquences, tout particulièrement pour les personnes fragiles. Heureusement, vous avez la possibilité de prévenir ce risque. Vous pouvez également souscrire une assurance pour faire face plus sereinement aux conséquences d’un tel accident.
Accidents et chutes dans la salle de bains : état des lieux
Les chutes dans la salle de bains, touchant principalement les publics déjà fragiles, peuvent avoir de très nombreuses causes, mais aussi de graves conséquences.
Quelles personnes sont les plus exposées ?
De manière générale, les personnes âgées sont les plus exposées au risque de chute dans la salle de bains, principalement en raison du déclin de leurs capacités physiques et cognitives. Plusieurs raisons l'expliquent : une faiblesse musculaire, une diminution de la mobilité, due par exemple à de l'arthrose, des troubles de l'équilibre ou encore des maladies (Alzheimer, Parkinson, etc.). Toutefois, d’autres facteurs peuvent aussi intervenir, dont(1) :
- des habitudes de vie inadaptées : alimentation et hydratation insuffisantes, consommation excessive d'alcool, prise de risque, etc. ;
- la peur de tomber, pouvant accentuer la perte de mobilité ;
- un environnement intérieur inadapté.
70 % des chutes
dont sont victimes les personnes de plus de 65 ans se déroulent au domicile, dont une grande partie au sein de la salle de bains(2).
D'autres profils peuvent aussi présenter un risque plus important, tels que :
- les personnes à mobilité réduite dont les déplacements peuvent être complexes ;
- les personnes prenant des médicaments altérant leurs capacités physiques et cognitives (somnolence, vertiges, etc.) ;
- les personnes souffrant de troubles neurologiques, visuels et/ou auditifs ;
- les personnes en situation de surpoids pouvant souffrir de problèmes de mobilité ;
- les jeunes enfants en raison d'une imprudence ou d'un manque de surveillance.
Lire aussi : Comment protéger votre enfant d’un accident domestique ?
Quelles sont les principales causes de chutes dans la salle de bains ?
Au-delà des causes liées à la personne (problème de mobilité, troubles neurologiques, imprudence, etc.), certaines caractéristiques de la salle de bains peuvent favoriser le risque de chute, dont :
- les surfaces glissantes : le carrelage ou la douche par exemple ;
- les obstacles et les changements de niveau : le rebord de baignoire à enjamber, des seuils à franchir ou encore des tapis glissants ;
- le manque d'éclairage et/ou la difficulté d’accès aux interrupteurs ;
- l'absence d'équipements de sécurité adaptés : barres d'appui, sols antidérapants, sièges de douche, etc.
Quels sont les conséquences d’une chute dans la salle de bain ?
Une chute dans la salle de bains peut avoir de sérieuses conséquences, tout particulièrement pour les personnes fragiles, telles que les personnes âgées. Un tel accident peut notamment occasionner :
- des conséquences physiques : fracture de la hanche, traumatisme crânien, plaies et contusions, etc. ;
- des conséquences fonctionnelles : invalidité et perte d'autonomie pour les actes de la vie courante ;
- des conséquences psychologiques : la peur de retomber par exemple, pouvant favoriser un déconditionnement physique ;
- des conséquences sanitaires et économiques : hospitalisation de longue durée, incapacité de travail, perte de revenus, etc.
- le décès ou une aggravation de la mortalité, la chute pouvant être un facteur de déclin de la santé.
Lire aussi : Qu’est-ce qu’un dommage corporel ?
Que faire pour limiter le risque de chute dans la salle de bains ?
Revoir l’aménagement de la salle de bains, adopter de bonnes pratiques quotidiennes et envisager l’installation de solutions technologiques : autant d’actions pour limiter le risque de chute dans la salle de bains et ainsi préserver l'autonomie des personnes.
1. Analyser votre espace
Le plus important est de savoir repérer les risques potentiels de chute via une analyse complète de votre environnement.
- Repérer les zones à risque (douche, baignoire, zone devant le lavabo et les toilettes) et noter les seuils, marches et tapis mobiles.
- Réaliser un diagnostic fonctionnel pour simuler les transferts assis-debout, vérifier les trajectoires de déplacement et les zones où l’eau s’accumule.
- Faire appel à un ergothérapeute pour obtenir un bilan personnalisé, des recommandations d’aménagement et des conseils pour les aides techniques.
- Vérifier la conformité PMR, notamment en ce qui concerne la largeur des portes, le débattement pour un fauteuil roulant, la hauteur des équipements, ainsi que la hauteur et le dégagement sous le lavabo.
- Tenir compte de l’usager : ses capacités motrices, cognitives et sensorielles, ainsi que ses habitudes d'utilisation de la salle de bains.
2. Sécuriser la pièce avec des aménagements adaptés
Ce bilan doit vous permettre d’identifier les premiers aménagements simples à réaliser pour renforcer la sécurité au sein de la salle de bains. Plusieurs pistes sont envisageables.
- Remplacer la baignoire par une douche de plain‑pied ou installer un receveur extra‑plat pour réduire l’enjambée.
- Prévoir un seuil dégagé et antidérapant pour limiter les risques lors des transitions.
- Installer un siège de douche fixe ou rabattable positionné à une hauteur adaptée pour permettre la toilette assise.
- Positionner les éléments à portée de main et sans avoir à se pencher (lavabo, porte‑serviette, interrupteurs etc.).
- Optimiser l’aération et l’évacuation d’eau pour limiter la formation de surfaces glissantes.
- Améliorer l’éclairage avec des ampoules puissantes et éventuellement un éclairage automatique avec détecteur de présence.
3. Installer des accessoires de sécurité
En plus de ces aménagements, vous pouvez installer des accessoires spécifiques visant à réduire le risque de chute au sein de la salle de bains, tels que :
- des barres d’appui positionnées près de la douche, de la baignoire et des toilettes ;
- un siège de douche stable et antidérapant, pouvant être pivotant pour faciliter les transferts ;
- des tapis antidérapants au sol et dans la douche ;
- des poignées ergonomiques au niveau de la porte et des robinets, simples à saisir et à utiliser avec une seule main ;
- des rangements sécurisés et faciles d’accès pour éviter de laisser traîner des objets au sol.
4. Adopter les bonnes pratiques au quotidien
La prévention du risque de chute dans la salle de bains passe aussi par l’adoption de comportements adéquats, tels que :
- des déplacements lents et sans mouvements brusques ;
- le port de chaussons antidérapants ;
- le rangement immédiat de la pièce pour laisser les zones de circulation dégagées ;
- le contrôle systématique de la température de l’eau pour éviter les mouvements soudains ;
- l’accompagnement systématique de la personne si celle-ci est fragile ou présente un risque accru de chute (jeunes enfants par exemple) ;
- la réalisation de bilans réguliers de santé pour prévenir les déficits moteurs, cognitifs ou sensoriels ;
- la réalisation d'un bilan sur votre prise de médicaments, notamment pour éviter les interactions médicamenteuses ;
- l'adoption d'une activité physique adaptée à votre âge et d'une alimentation équilibrée.
5. Envisager des solutions technologiques
Enfin, sachez qu’il existe de nombreuses solutions technologiques permettant de limiter le risque de chute ou leurs conséquences, tels que :
- des détecteurs de chute reliés à un service d’alerte ou à un proche ;
- des éclairages automatiques et des éclairages de nuit doux pour limiter l’éblouissement ;
- des systèmes domotiques, comme des commandes vocales pour l’éclairage, les volets et la ventilation ;
- des systèmes de téléassistance ou des boutons d’appel muraux positionnés à portée de la douche ou des toilettes.
Comment être couvert des dommages corporels que vous pourriez subir en cas de chute ?
Pour être couvert en cas de dommages corporels, vous pouvez faire appel à votre assurance des accidents de la vie(5).
Le rôle principal de l’assurance des accidents de la vie est de vous indemniser afin de vous aider à faire face aux conséquences graves et durables d’un accident de la vie privée. À titre d'exemple, le contrat peut prévoir le versement d’indemnités(4) :
- en cas d'invalidité ;
- pour les souffrances endurées ou les préjudices esthétiques permanents ;
- en cas de décès ;
- en cas de frais d'adaptation du logement ou du véhicule suite à votre invalidité ;
- pour l'assistance d'une tierce personne.
En complément, vous pouvez bénéficier de services d'assistance pour vous accompagner au quotidien : un soutien psychologique ou un service d'aide-ménagère par exemple.
Chute dans la salle de bains et assurance : ce qu’il faut retenir
- Les personnes âgées sont les plus exposées au risque de chute dans la salle de bains, ainsi que d'autres publics fragiles (enfants, PMR, etc.).
- De nombreux facteurs peuvent aggraver le risque de chute : des capacités physiques, sensorielles ou cognitives détériorées, des comportements inadéquats, des aménagements à risque, etc.
- L’adaptation du logement, l’installation d’équipements de sécurité et l’adoption de nouveaux comportements sont les premières étapes pour sécuriser la pièce.
- Souscrire une assurance des accidents de la vie vous permet, vous et votre famille, de bénéficier d’une indemnisation financière en cas d'invalidité ou de décès à la suite de l'accident de la vie privée, ainsi que des services d'assistance pour être accompagné.
Prévention des chutes dans la salle de bains : vos questions, nos réponses
Que faire en cas de chute dans la salle de bain ?
Suite à la chute d'un proche dans la salle de bains, vous devez réagir rapidement et adopter les bons comportements :
- vérifier que votre proche est conscient et sa respiration ;
- appeler les secours si la situation l'exige (perte de conscience, douleur intense, saignement important, etc.) ;
- aider la personne à passer en position assise si elle le peut et en l'absence de douleurs importantes ou de suspicion de fracture ;
- garder la personne consciente dans l’attente des secours.
Comment financer l’adaptation de votre logement ?
Selon votre situation et votre état de santé (personne âgée, handicap, invalidité, etc.), vous pouvez éventuellement bénéficier de certaines aides financières pour adapter votre logement, dont :
- MaPrimeAdapt’ pour les travaux d’adaptation ;
- les subventions de l'Anah (Agence nationale de l’habitat) ;
- les aides de votre caisse de retraite ;
- les aides proposées par votre collectivité territoriale (commune, département ou région) ;
- les allocations dont vous êtes déjà bénéficiaires : l’APA (allocation personnalisée d'autonomie) et la PCH (prestation de compensation du handicap).
En complément, vous pouvez également souscrire un prêt pour adapter votre logement et favoriser votre maintien à domicile.
Quels sont les accidents couverts par l’assurance des accidents de la vie ?
L’assurance des accidents de la vie (AAV) peut vous indemniser pour les conséquences de nombreux accidents pouvant survenir dans le cadre de votre vie privée (à l'exception des accidents de la circulation), dont :
- les accidents domestiques : chute dans la salle de bains ou accident de bricolage par exemple ;
- les accidents survenant à l'extérieur du domicile : chute dans la rue ou agression par exemple ;
- les accidents lors d'une activité sportive ou pendant vos loisirs : fracture lors d'un match de football par exemple
- Accidents médicaux : ou d'une erreur médicale.
- Accidents en cas de catastrophe naturelle ou technologique : inondation, explosion d’une usine
- Ces accidents peuvent également être pris en charge s’ils surviennent à l’étranger(6).
L’assurance des accidents de la vie couvre à la fois, vous et les membres de votre foyer : votre conjoint et vos enfants.
Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.
Sources :
(1) Comment prévenir les chutes des personnes âgées ? - Ameli - 2025
(2) Personnes âgées à risque de chute - Haute Autorité de Santé – 2024
(3) Plan antichute des personnes âgées - Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles – 2025
(4) Les situations d’indemnisation mentionnées dans cet article sont données à titre illustratif. Les prises en charge dépendent des garanties souscrites, des exclusions de contrat et de l'évaluation effectuée par l'assureur.
(5) Contrats d'assurance Accidents de la Vie de Sogessur, d'assistance de Fragonard Assurances (prestations mises en œuvre par AWP France SAS, sous le nom commercial Mondial Assistance), Entreprises régies par le Code des assurances. Contrats présentés par Société Générale, dont le siège social est situé 29, boulevard Haussmann, 75009 Paris, en sa qualité d'intermédiaire en assurances, immatriculation ORIAS n° 07 022 493 (www.orias.fr). Ce contrat est soumis à des conditions d'éligibilité. Les événements garantis, les conditions, les limites et exclusions de garantie figurent au contrat.
(6) selon les conditions du contrat
