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Réseaux sociaux : comment éviter les arnaques qui menacent votre épargne

Les réseaux sociaux sont devenus le nouveau terrain de chasse privilégié des arnaqueurs. Jeunes actifs, seniors, cadres supérieurs : aucun profil n’est à l’abri. Entre fausses promesses d’investissement et usurpation d’identité, comment reconnaître les pièges et s’en prémunir ?

L’an dernier, 3,2 % des Français auraient été victimes d’arnaques à l’investissement financier, soit près de trois fois plus qu’en 2021(1). Et à l’ère de l’hyperconnexion, les réseaux sociaux constituent le vecteur privilégié de ces arnaques. Plus de la moitié des Français seraient ainsi exposés à des offres de placement attractives, principalement via des publicités en ligne, avant même le contact direct ou la recherche de produits atypiques sur Internet.

Des arnaques aux multiples visages

Les escroqueries financières prennent plusieurs formes. Les plus fréquentes sont les fausses opportunités d’investissement, comme les cryptomonnaies, les placements alternatifs comme les parkings ou les placements verts, ou encore le trading sur les marchés financiers(2). Les arnaqueurs n’hésitent pas à usurper l’identité d’établissements bancaires reconnus pour gagner la confiance de leurs victimes.

L’usurpation d’identité et le phishing constituent d’autres techniques fréquentes. Les escrocs se font passer pour des conseillers financiers ou des représentants d’organismes officiels, réclamant des informations personnelles ou bancaires sous divers prétextes.

Les arnaques à l’urgence exploitent la pression psychologique. Les victimes reçoivent des messages alarmants les incitant à agir rapidement pour « sauver » leur argent ou saisir « une opportunité exceptionnelle » sur le point de disparaître.

L’intelligence artificielle au service de l’arnaque

L’intelligence artificielle est aujourd’hui un outil puissant pour les escrocs. Les deepfakes vocaux et vidéos peuvent permettre de reproduire l’apparence et la voix de proches pour promouvoir de faux placements. Les chatbots produisent des échanges crédibles, et l’IA peut générer de faux documents administratifs très réalistes.

De nouveaux vecteurs de diffusion

Si les canaux classiques comme les messages privés et les appels téléphoniques restent très utilisés, les réseaux sociaux ont pris une ampleur considérable dans le phénomène. Les « finfluenceurs » – influenceurs spécialisés dans les conseils financiers – jouent parfois un rôle ambigu, là où l’éducation financière de la population de l’Hexagone révèle encore un certain nombre de lacunes(3).

Les jeunes constituent une cible privilégiée. Ils sont plus prompts à prendre des risques et sont davantage présents sur les réseaux sociaux. Ils ont aussi particulièrement tendance à faire confiance aux influenceurs : selon une étude de BVA pour l’AMF, 32 % des 18-34 ans se disent confiants dans ces profils, contre 14 % pour l’ensemble des Français(4).

Pourtant, chaque tranche d’âge présente ses vulnérabilités spécifiques. Les seniors restent plus exposés via d’autres canaux comme le démarchage téléphonique.

Comment reconnaitre une arnaque sur les réseaux sociaux : signaux d’alerte

Certains signes doivent vous alerter :

  • Promesses de gains rapides et sans risques, placements au rendement garanti, etc.
  • La pression temporelle ou la promesse d’exclusivité visent à empêcher la réflexion. Les arnaqueurs créent un sentiment d’urgence artificiel pour court-circuiter le jugement critique de leurs cibles.
  • Les demandes d’informations personnelles ou bancaires doivent systématiquement alerter. Aucun établissement financier légitime ne sollicite ce type de données par message ou téléphone.
  • Les incohérences techniques qui trahissent souvent l’arnaque, encore faut-il être vigilant : liens ou URL suspects, contenant des fautes d’orthographe, des caractères inhabituels, profils récents sans historique, absence de mentions légales obligatoires…

Se protéger des arnaques sur les réseaux sociaux

Pour se protéger, il faut d’abord vérifier ses sources et croiser les informations. Sur les réseaux sociaux, contrôlez l’authenticité des comptes : certification, historique des publications, nombre réel d’abonnés. L’AMF publie régulièrement des listes noires d’acteurs non autorisés sur son site internet. Les consulter est un réflexe essentiel.

Prendre du recul face aux sollicitations s’avère crucial. Nous l’avons vu, les arnaqueurs exploitent des leviers psychologiques bien identifiés : l’appât du gain, la peur de manquer une opportunité, le sentiment d’exclusivité, la pression du groupe. Reconnaître ces mécanismes de manipulation permet de mieux y résister. En toute circonstance, il est important de protéger ses données personnelles. Si vous avez un doute sur un placement, ne communiquez pas vos coordonnées bancaires(5).

Enfin, s’appuyer sur sa banque demeure une protection efficace. Les établissements bancaires traditionnels disposent en effet d’une régulation stricte et peuvent orienter vers des placements adaptés au profil de risque de chacun.

Réagir en cas d’arnaque

Malgré toutes les précautions, certains tombent dans le piège. L’étude BVA précitée révèle qu’en moyenne, les victimes investissent initialement des « petits » montants (36 % investissent moins de 1 500 euros), avant d’être incitées à verser des sommes plus importantes. Au final, 44 % des souscripteurs finissent par investir plus de 10 000 euros.

En cas d’arnaque, il faut agir rapidement pour limiter les pertes. Souvent, les victimes sont recontactées par des escrocs qui promettent de récupérer les fonds perdus contre de nouveaux paiements. Du fait de leur état de détresse, elles sont plus à risque de céder à cette nouvelle sollicitation.

Contacter immédiatement sa banque permet parfois de bloquer des virements en cours. Les établissements bancaires disposent de cellules spécialisées dans la lutte contre la fraude.

Signaler l’arnaque auprès des autorités compétentes (AMF, Tracfin, plateforme Pharos) et des réseaux sociaux qui l’ont diffusée permet également de protéger d’éventuelles autres victimes. Enfin, le dépôt de plainte est indispensable pour alimenter les statistiques et permettre aux autorités d’identifier les réseaux criminels.

Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.

(1) Etude BVA réalisée pour l’Autorité des marchés financiers, octobre 2024

(2) Quelles sont les arnaques les plus courantes ? Autorité des marchés financiers, février 2025

(3) https://www.banque-france.fr/fr/communiques-de-presse/la-culture-financiere-des-francais-sameliore-progressivement-dapres-de-nouvelles-etudes-menees-par

(4) Etude précitée BVA réalisée pour l’Autorité des marchés financiers, octobre 2024

(5) Escroqueries financières : quel est le schéma le plus courant ?, Autorité des marchés financiers, novembre 2024