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PER et fin de carrière : stratégies de versements avant la retraite

À quelques années du départ à la retraite, nombreux sont les actifs qui découvrent l’urgence de constituer un complément de revenus pour maintenir leur niveau de vie. Le Plan d’épargne retraite (PER) s’impose comme un outil de référence dont l’efficacité est plus marquée encore dans les dernières années d’activité professionnelle. Entre stratégie de versements exceptionnels, arbitrage d’allocation et préparation de la sortie, les choix effectués durant cette phase détermineront le montant du futur complément de retraite.

Période stratégique par excellence pour alimenter son PER, les dernières années d'activité professionnelle sont aussi celles où les revenus atteignent généralement leur niveau maximum, tandis que les principales charges familiales s'allègent progressivement. Crédit immobilier soldé, enfants devenus autonomes financièrement : la capacité d'épargne disponible s'accroît sensiblement.

Programmer ses versements avec méthode

Pour bien utiliser son PER, il est utile de mettre en place des versements réguliers tout au long de l’année. Cette méthode permet de répartir l’effort d’épargne dans le temps, de mieux gérer son budget et d’éviter les décisions précipitées en fin d’exercice.

À l’approche de la fin d’année, il peut être judicieux de revoir les montants versés. C’est, en effet, à ce moment que l’on dispose d’une vision plus claire de ses revenus annuels. Cela permet d’ajuster les versements en fonction de sa situation, tout en respectant les règles fiscales en vigueur. Les versements effectués jusqu’au 31 décembre sont pris en compte pour le calcul de la déduction fiscale, dans la limite des plafonds autorisés.

Il est également possible, sous certaines conditions, d’utiliser les plafonds de déduction non utilisés des années précédentes. Cette souplesse permet d’adapter les versements pour éviter les effets de seuil liés à la progressivité de l’impôt, sans que cela constitue une incitation à verser ou à souscrire.

Saisir l'opportunité des versements exceptionnels

Il est aussi possible, en plus des versements réguliers, de réaliser des versements dits « exceptionnels ».

Ainsi, le cadre fiscal du PER permet de déduire les versements volontaires de son revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Pour 2025, ce plafond s'élève à 10 % des revenus d’activité (nets de frais professionnels), avec un maximum de 37 094 euros(1). Par exemple, si vous déclarez 30 000 euros de revenus imposables et 1 200 euros de versements sur votre PER, la déduction des versements sur le PER abaisse vos revenus imposables à 28 800 euros, entraînant une réduction de l'impôt sur les revenus. Les implications fiscales dépendent de la tranche marginale d’imposition (TMI) du contribuable.

Sécuriser progressivement son épargne grâce à la gestion à horizon

À mesure que l’échéance de la retraite se rapproche, il devient essentiel de réduire l’exposition de son épargne aux fluctuations des marchés financiers et donc au risque de perte en capital. Pour cela, la gestion à horizon constitue une solution particulièrement adaptée.

Ce mode de gestion évolutive ajuste automatiquement l’allocation des actifs en fonction de l’âge du titulaire du PER et de la date prévue de départ à la retraite. En début de parcours, l’épargne est majoritairement investie sur des supports dynamiques (unités de compte), favorisant la performance à long terme. Puis, progressivement, les investissements sont réorientés vers des supports plus sécurisés, comme les fonds en euros, afin de préserver le capital accumulé.

Cette approche permet de concilier rendement et prudence, tout en simplifiant la gestion pour l’épargnant.

A la retraite, choisissez la sortie qui vous convient : capital, rente, combinaison des deux

Au moment du départ à la retraite, le titulaire d'un PER peut opter pour deux modes de récupération de son épargne. La sortie en capital procure une disponibilité immédiate des fonds, tandis que la rente viagère garantit un revenu régulier jusqu'au décès de l'assuré.

La rente viagère implique toutefois une contrepartie majeure : l'aliénation définitive du capital constitué. Une fois la rente mise en place, le souscripteur ne peut plus disposer librement de son épargne, qui sera versée sous forme de mensualités jusqu'à son décès. Simple, dégressive, progressive… Il existe différents types de rentes viagères. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre conseiller SG.

Pour les épargnants attachés à la transmission de leur patrimoine ou souhaitant conserver une certaine flexibilité, le capital présente des avantages indéniables.

La sortie mixte, combinant une part en capital et une part en rente, peut également être un compromis équilibré, en fonction de vos objectifs, de votre appétence au risque, de votre budget, ou encore de votre horizon de placement.

Le PER ne s'arrête pas à la retraite !

Contrairement à une idée répandue, le passage à la retraite ne clôture pas automatiquement le PER. Un retraité peut conserver son plan ouvert et continuer à effectuer des versements volontaires. Ces versements restent déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond individuel (fixé à 4 637 euros pour un retraité en 2025(1)). Le mécanisme de rattrapage des plafonds non utilisés des trois années précédentes demeure également applicable.

Anticiper la fiscalité de sortie

Comprendre la fiscalité applicable à la sortie du PER est essentiel pour bien préparer cette étape.

Selon que l’épargne est récupérée sous forme de rente ou de capital et selon l’origine des versements (déductibles ou non), les règles fiscales diffèrent. Ces choix ont des conséquences concrètes sur l’imposition et doivent être envisagés en fonction de la situation personnelle de chacun.

La fiscalité dans le cas d’une sortie en rente viagère

Pour les rentes viagères issues de versements déductibles, l'imposition suit le régime des pensions : application d'un abattement de 10 % puis soumission au barème progressif de l'impôt sur le revenu auquel sont additionnés les prélèvements sociaux de 17,2 %, sur l’intégralité du montant de la rente(2). Les rentes provenant de versements non déductibles sont soumises au régime plus favorable des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) : seule une fraction de la rente est imposable, variant de 30 % à 70 % selon l'âge du bénéficiaire lors de la liquidation(3).

La fiscalité dans le cas d’une sortie en capital

La sortie en capital offre quant à elle deux options fiscales, en fonction de l’origine des versements.

Pour les versements déductibles, la part de capital correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, tandis que les plus-values sont imposées au prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 % (incluant les prélèvements sociaux)(2).

Pour les versements non déductibles, le capital est exonéré d’impôt puisqu’il est déjà imposé comme revenu, et les plus-values sont soumises au PFU.

Bien s’entourer pour mieux décider

Préparer sa retraite avec un PER demande une vision à long terme, des ajustements réguliers et une bonne compréhension des leviers fiscaux disponibles. Les dernières années d’activité sont souvent décisives pour optimiser son épargne. Dans ce contexte, l’accompagnement d’un conseiller bancaire est essentiel : il saura vous guider dans vos choix et adapter votre stratégie à votre situation personnelle. N’hésitez pas à le solliciter pour construire ensemble une solution qui vous ressemble.

Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.

(1) Plan d'épargne retraite (PER) - PER individuel, Service-public.gouv.fr

(2) Comment fonctionne le plan d’épargne retraite (PER) individuel ?, Economie.gouv.fr

(3) Impôt sur le revenu - Déclarer les rentes viagères, Service-public.gouv.fr