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PEL et CEL : les bons réflexes selon leur ancienneté

Quelle stratégie pour le PEL et le CEL en fonction de leur ancienneté ?

Créés dans les années 1960 pour encourager l'accession à la propriété, le Plan d'Épargne Logement (PEL) et le Compte d'Épargne Logement (CEL) ont traversé plusieurs cycles économiques. Face à la baisse récente des taux et au durcissement de la fiscalité, leur pertinence suscite aujourd'hui des interrogations. Faut-il les conserver, les clôturer, ou en ouvrir de nouveaux ? Analyse des situations où ces placements conservent un intérêt.

Comprendre les mécanismes : PEL et CEL, mode d'emploi

Le Plan d'Épargne Logement (PEL) impose une discipline d'épargne stricte. Contractuellement, après un versement initial minimum de 225 euros, le plan doit être alimenté au minimum de 540 euros par an, pendant au moins quatre ans et dix ans maximum (sauf pour les plans ouverts avant le 1er avril 1992 qui peuvent avoir une durée contractuelle supérieure à 10 ans). Le plafond des versements est de 61 200 euros.

Le Compte d'Épargne Logement (CEL) fonctionne de manière plus souple. Il n’a pas de durée de vie maximale. Le versement initial pour l’ouverture est de 300 euros et les versements ultérieurs sont libres, avec un minimum de 75 euros. Le plafond est fixé à 15 300 euros et les fonds peuvent être retirés à tout moment (tout retrait de fonds entraîne la clôture du PEL). Vous pouvez ainsi continuer à effectuer des versements et des retraits, tant que le solde minimum de 300 euros est conservé sur le compte et que le plafond ne dépasse pas 15 300 euros (hors intérêts capitalisés).

PEL et CEL présentent des avantages :

  • Le taux de rémunération du PEL est garanti pendant toute la durée contractuelle mais pas du CEL qui est modifié par les pouvoirs publics lorsque le taux du livret A est modifié.
  • et la possibilité de bénéficier d’un prêt à taux préférentiel.

Ces deux produits partageaient autrefois un autre atout majeur : des taux attractifs dans un environnement de taux élevés. Un PEL ouvert entre 2000 et 2003 rapportait 3,27 % (1)(2). Ceux ouverts entre 2003 et 2015 affichaient encore 2,5 %. Mais depuis 2016, les taux se sont effondrés. Un PEL ouvert en 2025 ne rapporte que 1,75 % d’intérêts(1).

Quand PEL et CEL conservent leur pertinence

Malgré ce contexte plutôt défavorable, certaines situations justifient de conserver ou d'ouvrir ces produits.

Dans le cadre d’un projet immobilier lié à une résidence principale.Si vous envisagez d’acheter, construire ou rénover votre résidence principale dans les prochaines années, ouvrir un PEL aujourd’hui et l’alimenter régulièrement vous permet de constituer un apport tout en bénéficiant d’un droit à prêt immobilier à taux préférentiel. Attention : depuis le 1er mars 2011, ce droit à prêt est strictement réservé aux opérations concernant une résidence principale(3), qu’il s’agisse de l’emprunteur ou, dans certains cas, d’un ascendant ou descendant. Les projets de résidence secondaire ou d’investissement locatif ne sont pas éligibles.

Horizon des PEL et CEL

Pour les PEL ouverts après le 1er avril 1992, l’échéance des dix ans marque la fin de la phase d’épargne. C’est le moment de reconsidérer sa stratégie puisque vous ne pouvez plus effectuer de nouveaux versements sur votre plan, mais il continue de produire des intérêts au taux fixé à l’ouverture. Pour les PEL ouverts à compter du 1er mars 2011, le PEL arrivé à échéance ne permet plus des versements mais continue à être rémunéré pendant une durée de 5 ans, après le plan sera clôturé(4) (voir l’encadré).

Au 15e anniversaire, le PEL ouvert après le 1er mars 2011 est automatiquement clôturé. Le capital et les intérêts sont alors transférés sur un Compte sur livret (CSL) ou un livret d’épargne bancaire classique. Le taux d’intérêt n’est alors plus celui du PEL initial mais le taux librement fixé par l’établissement bancaire pour ces types de contrats.
Dans ce cas de figure, n’hésitez pas à consulter votre conseiller SG qui pourra vous aiguiller sur comment allouer cette épargne disponible de manière opportune et plus dynamique.

Et la fiscalité (fiscalité et taux en vigueur au 1er décembre 2025 susceptibles de modification en fonction des évolutions législatives et réglementaires) ?

  • PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 : Les intérêts sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 %).Sur option du titulaire, l’imposition peut se faire au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
  • PEL ouverts avant le 1er janvier 2018 : Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’au 12ᵉ anniversaire du plan.Au-delà, ils deviennent imposables à l’IR en plus des prélèvements sociaux.Important : pour les PEL ouverts depuis le 1er mars 2011, les prélèvements sociaux s’appliquent chaque année.
  • CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 : Les intérêts sont soumis au PFU (12,8 %) + prélèvements sociaux, ou, sur option, au barème de l’IR.

Diagnostic personnalisé : les bonnes questions à se poser

Il est nécessaire d’établir un diagnostic de votre situation : quel est le taux de rémunération de votre PEL ou CEL ? Quelle est son ancienneté ? Avez-vous un projet immobilier dans les cinq prochaines années ? Votre épargne de précaution est-elle suffisamment constituée par ailleurs ?

Avec leur rémunération garantie et l’accès à un prêt préférentiel, les PEL conservent une place légitime dans une stratégie d’épargne orientée vers l’immobilier, particulièrement pour les projets à moyen terme ou pour les contrats plus anciens bénéficiant de conditions historiques avantageuses. Quant au CEL, il reste une solution flexible pour constituer une épargne disponible tout en offrant la possibilité d’obtenir un prêt à taux préférentiel. Avant toute décision d’ouverture, de conservation ou de clôture, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre conseiller SG qui pourra vous accompagner dans un diagnostic personnalisé et explorer avec vous les solutions adaptées à votre situation patrimoniale.

Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.

(1) Plan épargne logement (PEL), Service-public.fr
Les taux du PEL sont fixés par arrêté ministériel et peuvent évoluer. Il est recommandé de vérifier le taux en vigueur au moment de l’ouverture

(2) Taux Brut hors prime d’Etat à la charge de la banque.
Taux annuel brut, avant impôt sur le revenu (IR) et prélèvements sociaux (PS), HORS prime d'État. Pour les PEL ouverts avant le 01/08/2003, lorsque le plafond de prime est atteint ou que le PEL est en indécision, seul ce taux est versé (il s'agit du taux à la charge des établissements dépositaires des fonds). En effet, pour rappel : La fraction des intérêts correspondant à la prime cesse d’être décomptée lorsque le plan arrive à son terme (initial ou après prorogation) ou lorsqu’il est résilié avant la fin de la période minimale d’épargne ou lorsque le montant de la rémunération globale atteint un niveau permettant l’obtention de la prime maximum. A compter de l’un de ces évènements et jusqu’au retrait des fonds, les intérêts à la charge de l’établissement sont calculés au taux d’intérêt (hors prime) prévu contractuellement.

(3) https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16139

(4) Sauf exceptions pour les PEL ouverts avant le 1er mars 2011 et selon conditions.