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Participation, intéressement, abondement : trois leviers à activer pour épargner malin

Souvent méconnue, l’épargne salariale représente pourtant un levier puissant pour faire fructifier ses revenus dès les débuts de carrière.
Participation, intéressement, abondement… Ces dispositifs permettent de se constituer un capital sans effort, en bénéficiant du soutien de l’employeur.Dans un contexte où loyers élevés et remboursements de prêts laissent peu de marge de manœuvre, ce mécanisme offre une façon simple et avantageuse d’épargner, sans peser sur le budget mensuel.

Si vous êtes un jeune actif, vous avez probablement constitué une épargne : selon l’Autorité des marchés financiers, 86 % des moins de 35 ans ont mis de l’argent de côté au cours des douze derniers mois(1). Si leur premier réflexe reste le livret réglementé, l’épargne salariale gagne du terrain dans le cœur des jeunes : en 2025, un quart des salariés détenteurs d’épargne salariale ont entre 25 et 34 ans(2) !

Participation, intéressement, abondement : le trio gagnant de l’épargne salariale

L'épargne salariale fonctionne comme un cercle vertueux : chaque composante démultiplie l'effet de la précédente. Et ensemble, ils permettent de transformer une part de votre rémunération en véritable capital à moyen ou long terme :

  • La participation constitue le socle. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, cette redistribution d'une part des bénéfices est obligatoire, tandis qu’elle est volontaire pour les entreprises plus petites(3). Vous n’avez aucune démarche à faire : cette somme, qui dépend des résultats de l'année, vous est redistribuée : vous pouvez alors choisir de la retirer ou de la placer en épargne salariale.
  • L'intéressement fonctionne différemment. Il dépend de la performance collective de l’entreprise et de la politique décidée par l’employeur. Il vient donc s’ajouter à la participation quand il existe, et augmente votre enveloppe d’épargne.
  • L'abondement représente le multiplicateur le plus puissant du dispositif. Le principe ? Pour chaque euro que vous versez volontairement sur votre Plan d'Épargne Entreprise (PEE) ou votre Plan d'Épargne Retraite (PER) d’entreprise collectif, votre employeur peut ajouter jusqu'à trois euros. Ce levier est encadré : pour le PEE, vos versements volontaires sont plafonnés à 25 % de votre rémunération annuelle brute, et l'abondement de votre employeur ne peut excéder 3 768 € par an(4).

Grâce à l’abondement, un versement de 1 250 euros peut se transformer en 5 000 euros sur votre compte : 1 250 € versés + 3 750 € d'abondement. Aucun placement classique n'offre un tel avantage immédiat !

Autre levier intéressant, la prime de partage de la valeur (PPV) ne constitue pas strictement un dispositif d'épargne salariale mais vous pouvez choisir de la verser sur votre PEE ou votre PER d’entreprise collectif plutôt que de la percevoir immédiatement.

PEE ou PER d’entreprise collectif : quel plan d’épargne est fait pour vous ?

Participation, intéressement, abondement... Les sommes issues de votre épargne salariale ne sont pas versées directement sur votre compte bancaire. Elles sont placées dans une enveloppe d’épargne, c’est-à-dire un cadre où votre argent est investi et bénéficie d’avantages fiscaux.

Deux dispositifs existent, avec des logiques et des objectifs différents :

  • Le Plan d’épargne entreprise (PEE) : l’argent y est bloqué pendant cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé (achat d’une résidence principale, mariage, naissance, création d’entreprise…). C’est une solution idéale si vous envisagez un projet dans les prochaines années et souhaitez faire fructifier votre épargne en attendant de le réaliser.
  • Le Plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PER d’entreprise collectif) : les sommes y sont destinées à financer la retraite et restent donc bloquées jusqu’à cette échéance, sauf exceptions (accident de la vie, invalidité, achat de la résidence principale). En contrepartie, les versements – or versements réalisés par l’employeur – peuvent être déduits du revenu imposable, ce qui réduit immédiatement la fiscalité.

Dans les deux cas, vous avez la main sur vos placements. Vous pouvez choisir entre :

  • des fonds sécurisés, à faible risque ;
  • des supports dynamiques, comme les actions, qui comportent un risque de perte en capital ;
  • ou une gestion pilotée, qui ajuste automatiquement le niveau de risque selon votre âge et vos objectifs.

Astuce : plus votre horizon est lointain, plus vous pouvez miser sur des supports dynamiques comme les actions. Tous les investissements financiers présentent un risque de perte en capital.

Comment tirer le meilleur parti de votre épargne salariale ?

Bien utilisée, l’épargne salariale peut rapidement devenir un véritable accélérateur de patrimoine. Voici trois leviers simples pour en exploiter tout le potentiel dès les premières années de carrière.

1. Profitez au maximum de l’abondement de votre entreprise

Si votre employeur complète vos versements, faites en sorte de capter l’intégralité de cet abondement.

Chaque entreprise fixe ses propres règles d’abondement avec un taux et un plafond de versement. Par exemple, si votre entreprise abonde à 200 % vos versements, dans la limite de 1 200 euros par an : si vous versez 600 euros, elle ajoute 1 200 euros. Vous atteignez alors le plafond d’abondement, soit 1 800 euros investis. Si vous versez moins, vous ne maximiserez pas l’abondement. Si vous versez plus, votre effort supplémentaire ne sera pas « boosté » par l’entreprise !

2. Choisissez le bon plan selon vos projets

  • Si vous avez un projet à horizon de cinq ans — achat immobilier, mariage, création d’entreprise — privilégiez le PEE, plus souple et accessible.
  • Si vous n’avez pas de besoin de liquidité à court terme, le PER d’entreprise collectif offre des avantages fiscaux intéressants tout en préparant votre retraite.

3. Adaptez vos placements à votre horizon d’épargne

Plus votre objectif est lointain, plus il est pertinent de diversifier votre épargne.

Astuce : pour l’épargne retraite, les supports dynamiques peuvent s’avérer plus performants sur la durée, mais comportent un risque de perte en capital. Pour un projet à cinq ou sept ans, il peut être plus prudent de choisir des supports plus sécurisés, afin de limiter l’impact des fluctuations de marché.

L’épargne salariale, un levier à ne pas sous-estimer

Souvent méconnue, l’épargne salariale offre pourtant un avantage unique : celui de faire croître son épargne sans effort supplémentaire. En profitant de l’abondement de l’entreprise et d’une fiscalité allégée, chaque versement volontaire peut prendre une tout autre dimension.

Pour les jeunes actifs, c’est une opportunité simple et concrète de construire un capital sur le long terme, même avec des montants modestes. N’hésitez pas à vous renseigner dès votre arrivée dans une entreprise !

Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.

(1) Baromètre AMF de l'épargne et de l’investissement, Autorité des marchés financiers, janvier 2025

(2) Les Français et l'épargne salariale - Etude OpinionWay pour la Semaine de l'Epargne salariale, mars 2025

(3) Participation, Service-public.fr

(4) Plan d'épargne entreprise (PEE), Service-public.fr