Assurance‑vie : cinq erreurs courantes qui pénalisent votre contrat
L’assurance‑vie est le placement préféré des Français, et pourtant, elle est souvent mal utilisée. Ouvrir son contrat trop tard, négliger la clause bénéficiaire, tout concentrer sur le fonds euros… Ces erreurs fréquentes peuvent coûter cher. Tour d’horizon des cinq faux pas les plus courants, et des bonnes pratiques pour les corriger.
L’assurance‑vie : un outil puissant et très utilisé mais souvent sous‑exploité
Avec 192,1 milliards d'euros de cotisations en 2025, un encours qui a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 2 000 milliards d'euros et une collecte nette de 50,6 milliards d'euros, l'assurance‑vie confirme sa place de premier placement des Français. Les cotisations ont progressé de 10 % par rapport à 2024, portées à la fois par les fonds euros et les unités de compte.
Toutefois, entre idées reçues et complexité réelle, beaucoup de détenteurs n'exploitent pas pleinement le potentiel de leur contrat.
Rappel utile : fonds euros et unités de compte, deux logiques distinctes
- Le fonds euros offre une garantie en capital à tout moment : l'assureur s'engage sur la préservation des sommes investies, et les intérêts sont définitivement acquis chaque année.
- Les unités de compte sont investies sur les marchés financiers (actions, obligations, immobilier…). Elles ne bénéficient d’aucune garantie en capital, mais offrent un potentiel de rendement supérieur sur le long terme.
La plupart des contrats permettent de combiner les deux placements. La répartition entre fonds euros et unités de compte dépend de votre profil d'investisseur, de vos objectifs et de votre horizon de placement : c'est pourquoi elle s'appuie sur la réalisation préalable d'un diagnostic épargne avec votre conseiller.
Erreur n°1 : ouvrir son contrat trop tard
L'assurance‑vie bénéficie d'un régime fiscal avantageux sur les rachats effectués après huit ans de détention pour les primes versées à compter du 27 septembre 2017 :
- un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains pour une personne seule (9 200 euros pour un couple) ;
- les gains correspondant à des primes versées jusqu’à 150 000 euros sont soumis à un prélèvement forfaitaire non libératoire de 7,5 % ;
- la fraction des gains correspondant aux primes excédant ce seuil est soumise à un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %.
Dans les deux cas, les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s’appliquent.
Or ce délai de huit ans court à compter de l'ouverture du contrat. Il est donc possible de « prendre date » en ouvrant un contrat avec un versement minimal, simplement pour faire démarrer l'horloge fiscale. Même sans projet d'épargne immédiat, cette démarche permet de disposer d'un cadre fiscal optimisé le moment venu.
Erreur n°2 : négliger la clause bénéficiaire
La clause bénéficiaire est l’élément qui fait de l’assurance‑vie un outil de transmission unique : en cas de décès, le capital est versé directement aux personnes que vous avez désignées, hors succession, avec une fiscalité généralement très avantageuse.
Sans clause rédigée, ou avec une formulation imprécise, cet avantage disparaît. Le capital réintègre alors la succession et se trouve soumis aux droits de succession classiques. Les formulations par défaut, comme « mes héritiers », peuvent également poser problème : elles ne couvrent pas, par exemple, un concubin ou un partenaire de PACS qui n'est pas héritier légal.
Pour les assurances‑vie présentées par Société Générale, une clause bénéficiaire standard est proposée à l’ouverture du contrat. Selon les contrats, une clause bénéficiaire libre peut également être prévue. La clause peut être modifiée à tout moment.
La bonne pratique consiste à rédiger une clause précise, en identifiant nommément les bénéficiaires, et à la mettre à jour après chaque événement important : mariage, divorce, naissance, décès d'un bénéficiaire désigné. Un conseiller peut accompagner cette rédaction pour éviter toute ambiguïté juridique.
Erreur n°3 : concentrer 100 % de son épargne sur le fonds euros
Le fonds euros rassure par sa garantie en capital, mais son rendement (estimé par l’ACPR à 2,65 % en moyenne en 2025) suffit à peine à compenser l'inflation.
Sur un horizon de placement long, une allocation exclusivement en fonds euros revient à protéger son capital nominal tout en érodant progressivement son pouvoir d'achat.
Les unités de compte comportent un risque de perte en capital, mais permettent d'accéder à des classes d'actifs potentiellement plus performantes. L'enjeu n'est pas de choisir l'un ou l'autre, mais de trouver la bonne répartition en fonction de son horizon de placement, de son appétence au risque et de ses objectifs.
Erreur n°4 : oublier les versements programmés
Un contrat alimenté de façon irrégulière ne produit qu'une fraction de son potentiel. À l'inverse, des versements programmés, même modestes, instaurent une discipline d'épargne régulière et permettent de lisser les points d'entrée sur les marchés financiers.
Erreur n°5 : clôturer son contrat
Lorsqu'un besoin de liquidités se présente, le rachat partiel est souvent préférable à la clôture totale. Il permet de conserver l'antériorité fiscale. La clôture entraîne la perte définitive de cette antériorité et peut également faire perdre la participation aux bénéfices non encore attribuée sur les fonds euros.
Les informations contenues dans cet article sont exclusivement de nature générale et non exhaustive. Le contenu est proposé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un conseil de la part de SG. Il ne peut se substituer au conseil personnalisé dispensé par un professionnel.
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