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Zoom sur les obligations à haut rendement

Les obligations à haut rendement sont des obligations offrant un rendement plus élevé pour compenser le risque accru pris par l’investisseur. C’est-à-dire qu’il s’agit d’obligations, et donc de titres de dette émis par une entité (entreprise, Etat, …) en échange d’une rémunération souvent périodique (dit « coupon ») et la promesse d’un remboursement à l’échéance, mais émis par une entité dont le risque de défaut est jugé plus important et qui offre un coupon supérieur en échange. Découvrez plus en détails les obligations à haut rendement.

Obligation vs obligation à haut rendement : quelle différence ?

Une caractéristique principale permet de différencier une obligation dite « investment grade », à savoir bénéficiant d’une bonne notation attribuée par les agences de notation (située entre AAA et BBB- selon l'échelle de Standard & Poor's) d’une obligation à haut rendement :

  • L’obligation  : pour rappel, il s’agit d’un« morceau » de dette émis par une entité sur le marché, en vue de se financer. L’émetteur peut être une entreprise, une collectivité territoriale ou même un État. Cette émission est caractérisée par une durée et une date d’échéance où l’investisseur doit être remboursé, ainsi que par une rémunération préétablie, tant sur le taux que sur le calendrier des paiements. Le taux proposé est grandement fonction de 3 aspects : les taux directeurs au moment de l’émission (qui servent de base sans risque), la durée et le niveau de risque de l’entité émettrice ;
  • L’obligation à haut rendement (aussi appelée « obligation high yield ») : c’est un cas particulier d’obligation. Sa spécificité tient au statut de l’émetteur,dont la solidité financière est fragilisée, voire incertaine. Cela peut par exemple concerner des entreprises en croissance ou endettées. Aussi, la probabilité que l’entité fasse défaut (au global ou « uniquement » sur cette émission d’obligations) est plus importante et donc acheter des obligations auprès de ces entités est plus risqué. Le taux d’intérêt qu’elle propose est donc plus élevé pour rémunérer le risque porté par l’investisseur, raison pour laquelle ces obligations sont appelées à « haut rendement » potentiel.

Les notations d’obligation

Puisque la santé financière de l’émetteur est primordiale pour déterminer le rendement potentiel d’une obligation, les notations d’obligation sont des facteurs cruciaux à prendre en compte avant d’investir. Ces notations sont des évaluations de la solvabilité d’un émetteur par des agences de notation spécialisées (comme Standard & Poor’s ou Moody’s par exemple). La notation donne une indication sur le risque que représente l’investissement dans une obligation, et donc sur son rendement potentiel.

A noter que la rémunération des obligations à haut rendement n’évolue pas en cours de vie, tout comme celle d’une obligation de bonne qualité. Si la situation de l’émetteur s’améliore, la probabilité d’un éventuel défaut diminue sans pour autant impacter le rendement offert par l’obligation : seules de futures émissions verraient le rendement proposé être revu à la baisse, et au contraire, cette obligation conserverait son taux de rémunération tout en voyant sa valeur faciale augmenter. A l’inverse, si la santé financière de l’entité se dégrade ou les doutes sur sa capacité à rembourser grandissent, la valeur de l’obligation diminuerait tout en maintenant le taux de rémunération. L'impact serait donc visible en cas de vente de cette obligation en cours de vie.

Les différentes obligations à haut rendement

Comme pour les obligations de bonne qualité, on distingue généralement 4 types d’obligations.

Obligations souveraines

Elles sont émises par des États pour financer leur budget et donc considérées comme des placements en principe peu risqués, avec une probabilité de défaut de remboursement quasi nulle. Néanmoins, certains États ont une balance budgétaire très défavorable ou vivent une situation macro-économique, politique et/ou géopolitique adverse, aussi leur notation est très dégradée et leurs obligations sont à haut rendement.

Obligations d’entreprises

Elles sont émises, comme leur nom l’indique, par des entreprises, et représentent pour elles une alternative au financement par actions. Elles ne donnent cependant pas les mêmes droits que les actions (dividendes, vote aux assemblées générales par exemple), car ce sont des titres de créance et non pas des titres de participation. Et pour l’investisseur, cette absence de droit et le risque de ne pas être remboursé se traduit par la rémunération en cours de vie via des coupons. Ceux-ci sont élevés si la santé de l’entreprise est dégradée.

Obligations convertibles

Les obligations convertibles sont des obligations (d’État ou d’entreprise) qui peuvent, à tout moment, être échangées contre une ou plusieurs actions du même émetteur. Avant leur vente, l’émetteur doit fixer au préalable le rapport de conversion des obligations (id est le nombre d’actions échangeables par obligation). Il doit être plus élevé que la valeur du marché. Pour choisir le moment idéal pour convertir votre obligation, n’hésitez-pas à suivre la valeur de marché de l’action et à surveiller les moments où elle se révèle supérieure au cours de conversion.

Obligations hybrides

Elles sont à mi-chemin entre obligation et action et combinent des caractéristiques propres à chacune. Les obligations hybrides font ainsi l’objet de paiement d’intérêts, mais n’ont par exemple pas de date de maturité.

Quels sont les principaux types de dettes émises ?

Comme les obligations à haut rendement sont émises par des entités dont la santé financière est jugée fragile avec un risque de défaut voire de faillite ou de liquidation, il est essentiel d’évaluer la probabilité d’être remboursé dans un tel scénario défavorable. L’ordre de priorité du remboursement suit une hiérarchie stricte :

  • La dette senior garantie : c’est la dette qui doit être remboursée en priorité, avant toutes les autres. Elle est adossée à des actifs spécifiques de l’entreprise, qui servent de garantie en cas de défaut de remboursement. La dette senior garantie concerne principalement les obligations souveraines et d’entreprises.
  • La dette senior non garantie  : elle offre un rendement légèrement plus élevé que la dette garantie puisque plus risquée. Elle n’offre en revanche aucune garantie spécifique et peut concerner tous les types d’obligations.
  • La dette subordonnée garantie : la dette subordonnée se situe au deuxième niveau de priorité par rapport à la dette senior. Quand elle est garantie par certains actifs, elle présente des risques limités. Elle concerne la plupart du temps les obligations hybrides.
  • La dette subordonnée non garantie : c’est le dernier type de dette en termes de priorité de remboursement, ce qui lui confère un risque maximal. Elle ne comprend aucune garantie sur les actifs et peut concerner toutes les obligations sauf les souveraines (qui émettent seulement des dettes senior).

Ce qu’il faut savoir avant d’investir

Vous l’aurez compris : si ces obligations présentent un rendement potentiel intéressant, vous devez savoir que le risque de défaut de l’émetteur est, par définition, élevé. L’émetteur a plus de chances de présenter des difficultés financières. Dans ce cas, le remboursement du capital investi peut être compromis.

Avant d’investir, veillez aussi à vous renseigner sur la structure de la dette émise et sa priorité de remboursement en cas de faillite de l’émetteur. Le cas échéant, le risque de défaut de remboursement peut être élevé si la dette achetée n’est pas prioritaire.